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Attractivité : les investissements étrangers reculent en Normandie
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Attractivité : les investissements étrangers reculent en Normandie

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Avec 33 projets enregistrés en 2025 contre 42 en 2024, le nombre d'investissements étrangers recule en Normandie. Les secteurs de la santé et de l’énergie sont les plus gros contributeurs et l’automobile est toujours porteur, à rebours de la tendance nationale.

L'américain Aptar pharma a annoncé des projets significatifs au Val-de-Reuil (Eure), au sud de Rouen en 2025, selon le baromètre EY de l’attractivité 2026 — Photo : DR

La Normandie recule, mais ne dévisse pas. En 2025, selon le baromètre de l'attractivité que vient de publier EY, la région a fait l'objet de 33 projets d’investissements directs étrangers (IDE), à savoir les implantations et les extensions d'entreprises contrôlées par des groupes étrangers.

Ces projets d'investissements sont en net recul en 2025. Leur nombre diminue en Normandie de 22% par rapport à l'année précédente. Une baisse pas si éloignée de celle enregistrée en France (-17%).

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En termes d'attractivité vis-à-vis des investisseurs internationaux, la Normandie se classe dans le ventre mou des régions françaises. En 2025, elle se situe au neuvième rang des régions métropolitaines au niveau du nombre de projets d’investissements directs étrangers. Derrière les Pays de la Loire, à égalité avec la Bourgogne-Franche-Comté mais devant le Centre-Val-de-Loire et la Bretagne, qui ferme la marche.

En nombre d'emplois susceptibles d'être créés par ces projets, la Normandie gagne une place. Avec 1 372 emplois, elle se classe au 8e rang des régions. "En nombre d’emplois générés, la Normandie rattrape les Pays de la Loire, mais qui eux, ont connu une baisse très substantielle, souligne Jonathan Thibout-Curtinha, associé responsable des activités EY en Normandie. La chute est moins rude pour la Normandie, passée de 42 IDE en 2024 à 33 en 2025, tandis que les Pays de la Loire sont tombés de 68 IDE à 40".

Les deux tiers des investissements dans l’ex Haute-Normandie

C’est l’ex-Haute Normandie qui attire les deux tiers (23) des IDE normands, dans la Seine-Maritime (15) et l’Eure (8). L’ex-Basse Normandie ne compte que 5 projets dans l’Orne, 4 dans le Calvados et 1 dans la Manche. La tendance est la même en termes d’emplois, où l’Eure attire la création de 575 postes devant la Seine-Maritime (526).

"Le secteur pharmaceutique contribue fortement, notamment l’américain Aptar Pharma, qui a des projets significatifs au Val-de-Reuil (Eure), au sud de Rouen, ajoute Jonathan Thibout-Curtinha. Reste que le pôle pharma de l’Eure (Sanofi, Aptar, Kenvue…) attire des établissements secondaires, mais pas de centres de décision, ni de sièges sociaux".

"Ce qui fait la force de la Normandie, c’est la capacité de reconversion des actifs industriels"

"Ce qui fait la force de la Normandie, c’est la capacité de reconversion des actifs industriels, analyse Jonathan Thibout-Curtinha. La Normandie est la première région industrielle de France : 22 % du PIB normand vient du secteur industriel quand les autres régions françaises vont plafonner à 10 ou 12 %. De ce fait, l'accès à des sites industriels (ou anciens sites) à agrandir ou à reconvertir facilite la venue d'investisseurs étrangers, ce qui explique le plus grand nombre de projets dans les deux départements de l'ex-Haute Normandie".

Les États-Unis toujours en tête des investisseurs

S’ils sont en recul au niveau national, les États-Unis conservent la tête du top 3 en Normandie, demeurant stables en nombre de projets et en croissance en termes de création d’emplois (398), soit + 14 %. Suivent le Royaume-Uni, puis l’Italie sur le podium des investissements. Quant aux emplois générés, derrière les Etats-Unis se classent la Suède avec 250 emplois, puis l’Allemagne (222), essentiellement hissé par les annonces de Siemens Gamesa qui possède une usine au Havre (Seine-Maritime).

L’automobile normande, à rebours de la tendance nationale baissière

Sur ces 33 IDE annoncés, 22 concernent des sites de production, 5 des plateformes logistiques, 3 centres de service (seule activité en croissance, à + 13 %) et 3 autres projets concernant des secteurs divers (centres de R & D, sièges sociaux...).

En termes de secteurs d’activité, l’agroalimentaire est le plus porteur avec 7 projets, devant les 5 projets en pharmaceutique, puis 3 projets dans l’automobile. "À rebours de la tendance nationale (-46 % en 2025 comparativement à 2024), le secteur de l’automobile est en croissance, porté par les investissements de Renault Trucks, filiale du suédois Volvo, qui a fait des annonces assez significatives, annonçant 250 emplois", ajoute Jonathan Thibout-Curtinha.

La pharma, la plus créatrice d'emplois

La pharma est, de loin, le secteur d’activité générant le plus grand nombre (370) de création d’emplois, suivie par l’automobile. Seuls les emplois dans les centres de service connaissent une augmentation avec la création de 161 emplois annoncés en 2025. Les emplois chutent dans les sites de production (937 créations, soit -25 % sur les trois dernières années). Ce sont les plateformes logistiques qui ferment la marche des créations d’emplois, avec 92 emplois (-66 %).

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