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Les investissements étrangers reculent dans les Hauts-de-France en 2025
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Les investissements étrangers reculent dans les Hauts-de-France en 2025

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Les investissements étrangers ralentissent nettement dans les Hauts-de-France en 2025. Dans un contexte incertain, la région voit reculer les projets et les emplois liés aux IDE, tout en conservant des atouts solides en matière d’attractivité selon EY, qui publie son baromètre 2025 de l’attractivité.

Mathieu Jaud de la Jousselinière, associé gérant du bureau EY Nord de France — Photo : EY Nord de France

Un temps portés par les gigafactories, les investissements directs étrangers (IDE) marquent le pas dans les Hauts-de-France en 2025. Selon le baromètre EY de l’attractivité, publié le 21 mai, la région a enregistré 80 projets d’implantation ou d’extension d’entreprises étrangères, soit une baisse de 21 % sur un an. Les emplois générés reculent également de 12 %, à 3 988 postes. Une baisse importante, mais qui s’inscrit dans une dynamique européenne et française.

Un climat d’attente

Pour Mathieu Jaud de la Jousselinière, associé gérant du bureau Nord de France, le ralentissement tient avant tout à un climat dégradé. "Les droits de douane instaurés par Donald Trump ont conduit de nombreux industriels à suspendre leurs grands projets de déploiement", explique-t-il. "À cela s’est ajoutée une période d’incertitude politique en France durant l’année 2025, après la dissolution de l’Assemblée nationale. Et à présent, c’est l’élection présidentielle de 2027 qui suscite des interrogations."

"Nous n’anticipons pour l’année 2026 ni rebond immédiat, ni décrochage de la région."

Les Hauts-de-France ne souffrent donc pas d’un déficit d’attractivité propre. "La région demeure dans la tendance nationale. Nous n’anticipons pour l’année 2026 ni rebond immédiat, ni décrochage", souligne de son côté Alexandre Bernard, directeur d’EY International Mobility & EY Nord de France.

L’industrie marque le pas

Le recul est particulièrement marqué dans l’industrie, pourtant pilier historique des IDE régionaux. Les projets industriels représentent encore 58 % des investissements étrangers recensés en 2025, mais leur volume recule de 30 % par rapport à la moyenne 2022-2024. Les emplois industriels chutent quant à eux de 48 % sur la même période.

Après avoir bénéficié des grands projets de batteries électriques en 2022 et 2023, puis d’une année 2024 correcte, les Hauts-de-France perdent même leur place de leader national des IDE industriels au profit du Grand Est. L’automobile, la chimie et la métallurgie figurent parmi les secteurs les plus touchés.

Quelques projets structurants émergent toutefois, comme l’usine d’assemblage de poids lourds électriques annoncée par le chinois Windrose à Onnaing (Nord), représentant 175 millions d’euros d’investissement et 300 emplois potentiels.

La logistique soutient l’emploi

La logistique a, elle, permis d’amortir le choc. Près de la moitié des emplois créés par les IDE en 2025 proviennent des plateformes logistiques, grâce notamment aux projets d’Amazon à Beauvais (1 000 emplois) et d’Action à Saint-Crépin-Ibouvillers (600 emplois). L’Oise devient ainsi le premier département régional pour les créations d’emplois liées aux IDE, devant le Nord.

"Les IDE industriels exercent un effet multiplicateur bien plus fort sur l’emploi."

Mais EY insiste sur l’importance de relancer les investissements industriels. "Les IDE industriels exercent un effet multiplicateur bien plus fort sur l’emploi, à travers l’ensemble des sous-traitants et des activités qu’ils entraînent", rappelle Mathieu Jaud de la Jousselinière.

Des fondamentaux jugés solides

EY estime que les Hauts-de-France conservent des atouts solides : foncier disponible, position géographique au cœur des marchés européens, coûts logistiques compétitifs, main-d’œuvre abondante et bon alignement des acteurs publics sur les enjeux d’attractivité.

"Un certain nombre de projets ne pourront pas être différés indéfiniment. Il existe donc un véritable socle d’activité pour les prochaines années."

Le cabinet voit aussi dans les datacenters un relais de croissance majeur, soutenu à terme par les futurs EPR de Gravelines. Et malgré les incertitudes politiques, certains investissements repoussés depuis 2020 devraient finir par se concrétiser. "Un certain nombre de projets ne pourront pas être différés indéfiniment. Il existe donc un véritable socle d’activité pour les prochaines années", conclut le responsable d’EY Nord de France.

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