Depuis le 6 mai 2026 en France, le 8 mai en Espagne, la concertation préalable du public est ouverte pour le projet BarMar d’H2Med, l’initiative transnationale qui a pour but de relier les réseaux d’hydrogène de la péninsule ibérique, productrice d’hydrogène vert, au nord-ouest de l’Europe, consommatrice. Sous l’égide de la Commission nationale du débat public (CNDP), 25 temps d’échanges sont proposés dans les départements côtiers d’Occitanie et des Bouches-du-Rhône : réunions publiques, conférences-débats, visites, etc. Cette concertation, qui vient répondre au Code de l’environnement, va se dérouler jusqu’au 12 juillet.
Le projet BarMar consiste à créer un hydrogénoduc sous-marin de 400 km avec des canalisations d’un mètre de diamètre, qui reliera Barcelone (Catalogne, Espagne) à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône, France). L’hydrogène produit dans la péninsule ibérique sera collecté et compressé dans une station de Barcelone avant d’être "poussé" vers Fos. Il aura une capacité de 2 millions de tonnes par an, soit un quart de la consommation européenne aujourd’hui. Sa concrétisation est attendue pour fin 2032, avec un budget de 2,1 milliards d’euros (apportés par les actionnaires, les emprunts et de probables subventions européennes).
Un maillage international
D’autres réseaux se raccorderont à BarMar à proximité de Fos : Hy-Fen, pour remonter la vallée du Rhône vers Lyon et l’Allemagne, ainsi que MidHy et HySoW, pour irriguer l’Occitanie et la Nouvelle-Aquitaine. Hy-Fen et MidHy sont portés par le français NaTran (ex GRT Gaz, 3 670 salariés, CA : 2,5 Md€). HySow est développé par l’acteur gazier palois Teréga (647 collaborateurs, 517 M€ de CA 2024). Ces deux opérateurs sont d’ailleurs actionnaires minoritaires de la société de projet BarMar créée en juillet 2025 : Teréga à 16,7 % et NaTran à 33,3 %, aux côtés de l’Espagnol Enagas à 50 %.
BarMar en complément des productions locales
Grâce aux énergies éoliennes et solaires, la péninsule ibérique peut produire en quantité de l’électricité renouvelable nécessaire à alimenter la production d’hydrogène vert. Il existe en France de premières usines de production, à commencer par Hyd’Occ à Port-La-Nouvelle (Aude), mais encore rares. Hyd’Occ (25 personnes) produira 2 700 tonnes par an. "BarMar viendra en complément des productions locales, pour de grands volumes", explique François Dedieu, secrétaire général de BarMar, lors d’une présentation à Gruissan (Aude). À Fos, l’hydrogène arrivera à proximité d’acteurs industriels consommateurs. "Aujourd’hui, il est utilisé par les raffineries, la chimie, la production d’ammoniac. Demain s’y ajouteront les productions de carburant d’aviation durable (SAF) ou d’acier bas carbone", poursuit-il.
"Continuer à affiner le tracé"
De nombreuses étapes restent à franchir. "Nous mettrons à profit cette concertation pour continuer à affiner le tracé", explique François Dedieu. Celui-ci se situe dans un corridor qui ne passe pas dans les zones abyssales et les canyons du large, mais ne s’approche pas trop des côtes (à 10 km au moins), et évite les futures zones d’implantation de l’éolien maritime.
Près de 60 millions d’euros pour la phase d’études
Études techniques et environnementales se poursuivent. "D’ici la fin d’année, nous engagerons des campagnes complémentaires en mer, pour parvenir à une proposition plus précise", ajoute François Dedieu. Suivra la constitution des dossiers de demande d’autorisation auprès des autorités, ce qui comportera une étape d’enquête publique. L’objectif est de parvenir à une décision finale d’investissement en 2029. Près de 60 millions d’euros auront été engagés pour ces phases d’études.