Elyse Energy lève près de 120 millions d’euros pour créer des usines de carburant de synthèse
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Elyse Energy lève près de 120 millions d’euros pour créer des usines de carburant de synthèse

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La PME lyonnaise Elyse Energy vient de lever 120 millions d’euros. Le tour de table lui donne les moyens de mener à bien les études lui permettant de décider de ses futurs sites de production de carburants durables. Pour l’instant, ses projets les plus avancés se situent en Isère, dans les Pyrénées-Atlantiques et en Espagne. Mais la PME planche aussi sur des projets industriels XXL dans les Bouches-du-Rhône et en Loire-Atlantique.

Pascal Pénicaud, président et cofondateur d’Elyse Energy. "Grâce à cette levée de fonds, Elyse Energy pourra amener ses projets jusqu’à la décision finale d’investissement, préalable au lancement des constructions" — Photo : DR

Elyse Energy (80 salariés), une PME industrielle lyonnaise spécialiste des carburants durables et de matières premières bas-carbone, lève près de 120 millions d’euros auprès de Hy24, PGGM, Bpifrance et Mirova. Ce financement lui permettra d’accélérer le développement de ses projets de production d’e-méthanol et de carburants durables en France et en Espagne. Des e-fuels conçus pour répondre aux besoins de décarbonation des transports aérien et maritime, et de la chimie.

Deux nouveaux actionnaires

Dans le cadre de cette opération, Elyse Energy a pu compter sur le soutien renouvelé de ses actionnaires : Hy24, via son fonds "Clean Hydrogen Infrastructure Fund", et Mirova, un affilié de Natixis Investment Managers dédié à l’investissement durable.

Ils sont rejoints par deux nouveaux investisseurs : la banque publique Bpifrance et PGGM, gestionnaire de fonds de pension néerlandais, agissant dans le cadre du mandat "Solutions pour le Climat et la Transition Energétique" fourni par son client Pensioenfonds Zorg en Welzijn (PFZW).

Créée en 2020, Elyse Energy s’appuie aussi sur ses deux actionnaires historiques, la société d’investissement marseillaise Falko et le groupe montpelliérain d’énergies renouvelables Vol-V.

Des carburants issus de l’électricité

L’entreprise labellisée French Tech 2030 a développé un portefeuille de projets de production de carburants durables issus d’électricité renouvelable et nucléaire et de carbone recyclé - dans l’industrie ou la biomasse -, en France, en Espagne et au Portugal. Ces molécules, communément appelées e-carburants, sont en effet essentielles pour la décarbonation des transports aérien et maritime ainsi que certaines industries de transformation qui les utilisent pour leurs propriétés chimiques.

Cinq projets sur la ligne de départ

Pour Pascal Pénicaud, président et cofondateur d’Elyse Energy, "cette levée de fonds marque une étape importante pour Elyse Energy et, plus largement, pour le développement de la filière européenne des e-fuels."

Grâce à cette levée de fonds, "Elyse Energy pourra amener ces projets jusqu’à la décision finale d’investissement, préalable au lancement des constructions, tout en élargissant son portefeuille de projets", poursuit-il. Pour l'heure, l'entreprise a officialisé 5 projets de sites de production. Il va lui falloir décider lesquels peuvent aboutir.

A ce jour, trois projets ont une longueur d'avance, selon Elyse Energy : E-CHO (Pyrénées-Atlantiques), eM-Rhône (Isère) et eM-Numancia (Espagne). S’ils deviennent réalité, ces trois projets permettraient d’éviter l’émission de près de 700 000 tonnes de CO2 par an, tout en contribuant à la souveraineté énergétique européenne et à la réindustrialisation des territoires.

Un projet à 750 millions d’euros en Isère

L'un des projets les plus avancés se situent en Isère. Le projet eM-Rhône, implanté sur la plateforme chimique des Roches Roussillon et sélectionné par le Fonds d’Innovation Européen, vise la production annuelle de 150 000 tonnes d’e-méthanol vert à destination du secteur maritime et de l’industrie. D’un budget préliminaire de 750 millions d’euros, le projet pourrait se traduire par une mise en service de l’usine en 2028.

Deux milliards d'euros dans les Pyrénées-Atlantiques

Dans les Pyrénées-Atlantiques, Elyse Energy travaille sur un deuxième projet, sur le bassin de Lacq. Lui aussi fait partie des projets les mieux placés. Présenté par le président de la République Emmanuel Macron en juin 2023, le projet E-CHO vise à produire deux usines de production de molécules bas carbone et un site d'alimentation en hydrogène. Elyse Energy compte ainsi prévoit ainsi de produire 72 000 tonnes d'hydrogène, 200 000 tonnes de méthanol et 75 000 tonnes de e-biokérosène. Il nécessiterait un investissement de 2 milliards d'euros.

L'un des projets d'Elyse Energy se situe à Pardies (Pyrénées-Atlantiques) — Photo : Elyse Energy

Un projet en Espagne

L'un des trois projets les plus avancés est basé de l'autre côté des Pyrénées. En Espagne, la PME lyonnaise a développé le projet eM-Numancia. Celui-ci vise à produire 50 000 tonnes par an de e-méthanol à Garray, en Castille-et-León.

Un milliard d’euros dans les Bouches-du-Rhône

Elyse Energy travaille sur d’autres projets, moins avancés. C’est le cas à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) où la PME lyonnaise vient de lancer la concertation préalable pour son projet NeoCarb, qui se déroule jusqu’au 20 janvier 2025. NeoCarb vise ainsi à fournir aux acteurs du territoire, notamment les opérateurs maritimes et compagnies aériennes, 100 000 tonnes d’e-méthanol et 50 000 tonnes d’e-kérosène par an. Le site devrait s’étendre dans la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer, où les projets de gigafactories se multiplient. Un positionnement qui lui permet d’être raccordé aux différents pipelines permettant ensuite la distribution des carburants. La décision finale d’investissement n’interviendrait qu’en 2027 pour une mise en service industrielle en 2030. L’investissement serait de l’ordre du milliard d’euros.

Un projet avec Lhyfe en Loire-Atlantique

Autre projet près de Saint-Nazaire, en Loire-Atlantique. La PME nantaise Lhyfe et Elyse Energy planchent sur la construction de deux usines voisines. Celle de l’industriel nantais devrait produire de l’hydrogène. Cet élément chimique servira directement à l’usine de la PME lyonnaise, qui l’utilisera pour synthétiser du méthanol. Ce double projet, qui pourrait être mis en service entre 2028 et 2030, devrait générer près d’un milliard d’euros d’investissement.

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