Voulant "incarner une nouvelle génération d'entrepreneurs", Impact France défie le Medef et la CPME
# Syndicats patronaux

Voulant "incarner une nouvelle génération d'entrepreneurs", Impact France défie le Medef et la CPME

En se fixant l’objectif de devenir une organisation patronale représentative d’ici trois ans, Impact France s’engage dans un fort développement tout en incarnant une "voix nouvelle". Le mouvement veut fédérer "une nouvelle génération d'entrepreneurs qui se sent peut-être peu représentée aujourd'hui" par le Medef, la CPME ou l'U2P. Il veut renforcer sa présence dans tous les départements.

Julia Faure et Pascal Demurger ont été réélus co-président d'Impact France le 14 avril 2026 — Photo : EDOUARD MONFRAIS-ALBERTINI

Le Medef, la CPME et l’U2P vont-ils devoir faire de la place aux tables de négociations ? C’est en tout cas l’objectif d’Impact France, l’organisation patronale coprésidée par Pascal Demurger (Maif) et Julia Faure (Loom). Le mouvement a annoncé son souhait de devenir une organisation patronale représentative d’ici 2029, date à laquelle l’État mesurera la représentativité des organisations patronales dans les entreprises.

Représenter un minimum de 50 000 entreprises

"Tous les quatre ans, un test de représentativité permet de vérifier quelle organisation représente un minimum de 8 % d’entreprises et de fédérations professionnelles adhérant à des organisations d’employeurs dans une diversité de secteurs", explique Caroline Neyron, directrice générale d’Impact France. La dernière enquête date de 2025 et les résultats ont placé la CPME en première place, représentant environ 243 000 entreprises.

Concrètement, cela correspond à environ 50 000 entreprises — Impact France en rassemble aujourd’hui 30 000 — et 5 grands secteurs. Des fédérations peuvent aussi être adhérentes. Impact France en compte déjà parmi ses adhérents avec le Centre des jeunes dirigeants, les Entrepreneurs chrétiens ou encore la Fédération des énergies renouvelables.

+ 42 % d’adhésion en 2025

En 2025, les adhésions à Impact France ont bondi de 42 %, portant principalement sur les PME, ETI et grandes entreprises. Pour ne citer que quelques adhérentes, le mouvement compte dans ses rangs : RTE (énergie), Sogaris (logistique), CAF Ferroviaire (matériel ferroviaire), Nutrition et Santé (agroalimentaire), Back Market (commerce), ING (banque), L’Occitane (cosmétiques) ou encore Bel (agroalimentaire).

Julia Faure et Pascal Demurger, co-président(e) d'Impact France — Photo : EDOUARD MONFRAIS-ALBERTINI

Les dirigeants de Doctolib (santé) et de Murfy (électroménager) siègent au conseil d’administration, tout comme Estelle Brachlianoff, DG de Veolia, première dirigeante d’une entreprise du CAC 40 à intégrer le CA, ou encore Daniel Baal, président du Crédit Mutuel Alliance Fédérale.

Incarner une "voix nouvelle"

"La dernière organisation patronale a été créée il y a 50 ans. Mais le monde bouge très vite, l’économie aussi", fait remarquer Caroline Neyron. Impact France veut incarner "une voix nouvelle qui puisse être complémentaire à ce qui existe pour apporter de nouvelles perspectives et enrichir le dialogue social", ajoute-t-elle.

Car quand les autres organisations patronales critiquent la fiscalité pesant sur les entreprises ou encore les normes réglementaires contraignantes pour la compétitivité, Impact France se place à contre-courant.

"Les entreprises ont besoin de bouger"

Favorable au zéro artificialisation nette et aux zones à faibles émissions (ZFE), défenseur de l’électrification ou encore de la lutte contre la fast-fashion, le mouvement estime que les questions environnementales, fiscales et réglementaires ne sont pas qu’un "enjeu militant mais un enjeu business très concret pour les entreprises".

"Face aux grandes transformations démographiques, environnementales ou encore numériques, les entreprises ont besoin de bouger et d’approfondir leurs engagements pour assurer leur pérennité", estime Caroline Neyron.

Un challenger qui doit encore s’implanter dans tous les départements

À côté des autres organisations patronales solidement installées, Impact France assume son rôle de "challenger". "Nous voulons incarner une nouvelle génération d’entrepreneurs qui se sent peut-être peu représentée aujourd’hui", affirme la DG du mouvement. Impact France se projette en tout cas déjà dans la défense des intérêts des dirigeants en local, à l’échelle nationale et européenne.

Pour gagner en adhérents, Impact France devra renforcer sa présence territoriale. Si le mouvement est présent dans toutes les régions et "presque tous les départements", le déploiement à l’échelon local est "un objectif fort du prochain mandat", résume Caroline Neyron. La directrice générale du mouvement lance d’ailleurs un appel à "tous les entrepreneurs qui voudraient rejoindre le mouvement et soutenir un développement départemental".

France Paris # Syndicats patronaux # Réseaux d'accompagnement