Le site mulhousien de Stellantis s’offre un avenir industriel. Son nouveau directeur général, Antonio Filosa, a confirmé en personne l’investissement de plus d’un milliard d’euros que s’apprête à porter le constructeur automobile franco-italo-américain en France, une semaine après que ce plan stratégique fut révélé par Emmanuel Macron.
Si la moitié de cette enveloppe est destinée à la recherche et au développement, 40 % iront directement au site de production basé à Sausheim (Haut-Rhin), près de Mulhouse, qui produira et assemblera trois nouvelles Peugeot électriques et hybrides à partir de 2029. Les 10 % restants sont fléchés vers le site historique de Sochaux (Doubs) et celui de Rennes où Stellantis projette de fabriquer un véhicule de la marque premium Voyah dans le cadre d’une joint-venture avec le chinois Dongfeng.
L’enthousiasme des salariés et des politiques
"C’est du jamais vu et c’est un soulagement pour l’ensemble des 4 500 personnes qui travaillent ici", confie Déborah Schorr, secrétaire du syndicat Force Ouvrière Stellantis Mulhouse à la sortie d’un CSE matinal.
Le même enthousiasme escortait également Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, et Sébastien Martin, ministre délégué en charge de l’Industrie, présents ce mardi 2 juin 2026 aux côtés du successeur de Carlos Tavares, dans les allées de la chaîne de montage des Peugeot 308 et 408.
Avec seulement 127 000 véhicules produits en 2025, l’usine inaugurée en 1962 espère ainsi retrouver un peu de son lustre d’antan. "Une véritable révolution" selon Sébastien Martin et "un virage historique en faveur de l’électrification" aux yeux de Roland Lescure qui a rappelé que 30 % des véhicules neufs vendus en France, en mai dernier, relevaient de cette motorisation.
Une nouvelle plateforme pour gagner en compétitivité face à la concurrence asiatique
Dans le cadre de cette métamorphose industrielle, le site alsacien de Stellantis (259 000 salariés, 153 Md€ de CA) sera équipé de l’une des trois futures plateformes modulaires STLA One à l’échelle mondiale, conçue pour accueillir plusieurs motorisations et gabarits de véhicules. Cet équipement doit notamment permettre au constructeur de gagner en compétitivité face à la concurrence chinoise. Ceci en vue de "réaliser 50 % de ses volumes d’ici 2030", soit près de deux millions de véhicules produits à travers le monde. La plateforme appelée à intégrer le site alsacien de Stellantis fabriquera trois nouvelles Peugeot pour le segment C des voitures compactes qui représente environ 30 % du marché européen.
"Le milliard d’euros annoncé est entièrement au service de Mulhouse", a toutefois précisé Antonio Filosa qui inclut "le travail de conception des trois nouveaux modèles, le développement et l’industrialisation de la plateforme STLA One et le travail d’ingénierie réalisé avec les fournisseurs".
Concernant l’évolution de l’emploi à l’échelle du site mulhousien, le Napolitain ne se prononce guère. "Si on atteint 30 % de parts de marché au niveau européen avec nos futurs véhicules, c’est sûr qu’on sera plus nombreux à Mulhouse", sourit le DG de Stellantis.