Le Sénat avait créé la polémique en juillet 2025 en publiant un rapport de sa commission d’enquête sur l’utilisation des aides publiques aux grandes entreprises et à leurs sous-traitants en chiffrant ces aides à 211 milliards d’euros. En novembre 2025 le Premier ministre Sébastien Lecornu avait demandé au Haut-Commissariat à la stratégie et au plan de réfléchir à un mode d’évaluation de ces aides. Lequel Haut-Commissariat a rendu son rapport le 17 juillet 2026 en définissant deux méthodes de calcul pour chiffrer le montant annuel des aides versées aux entreprises en France selon que l’on tient compte uniquement des aides directes et ciblées ou que l’on adopte une lecture plus large des soutiens économiques profitant aux entreprises en intégrant les allègements généraux de cotisations.
82 ou 187 milliards d’euros selon les approches
Sur la base de ces deux périmètres, le montant des aides publiques aux entreprises varie entre 82 et 187 milliards d’euros. En amont de la publication du rapport, le Haut-Commissaire au plan Clément Beaune a souligné sur Sud Radio la spécificité de cette approche qui définit deux périmètres d’évaluation, "selon que l’on inclut ou pas certaines prestations, comme les allègements généraux de charges sur les salaires qui représentent à eux seuls 68 milliards d’euros".
"Les chiffres sur les aides aux entreprises, vous pouvez en avoir autant qu’il y a de rapports"
Clément Beaune a mis en balance les deux approches en soulignant que "les chiffres des aides aux entreprises, vous pouvez en avoir autant qu’il y a de rapports, il y a eu celui du Sénat l’an dernier qui les évaluait à 211 milliards d’euros, nous-mêmes avons fait des estimations, la Cour des comptes aussi […] Certains acteurs, comme les syndicats, disent qu’il faut compter les exonérations de charges parce que c’est une forme de dérogation favorable aux entreprises quand les entreprises disent, avec des arguments, que c’est une compensation à des prélèvements obligatoires élevés pour baisser un peu le coût du travail".
"Le débat intéressant est de suivre chaque année les aides sur le même périmètre, en regardant si ça augmente ou baisse"
Le Haut-Commissaire au plan estime que l’on "ne réconciliera jamais" les tenants des deux approches, en soulignant que "le débat intéressant n’est pas celui sur le chiffre magique mais de le suivre chaque année sur le même périmètre [en regardant] si ça augmente ou si ça baisse".
Clément Beaune a par ailleurs annoncé qu’il y aurait pour la première fois cette année, en annexe du budget, un document mentionnant ces chiffres sur les aides, afin de créer la base d’un comparatif avec les années suivantes.
Évaluer certaines politiques d'aides
Le rapport du Haut-Commissariat à la stratégie et au plan préconise aussi des évaluations de certaines politiques d’aides comme le crédit d’impôt recherche, les allègements de charges ou les aides à l’apprentissage. Selon le résultat, il faudra raboter, supprimer ou renforcer ces aides a souligné en substance le Haut-Commissaire, qui estime qu’en ce qui concerne les allègements de charges "on peut faire des ajustements, mais que ce dispositif est important".