L’AGS (Association pour la Gestion du régime de Garantie des créances des salariés) est très inquiète. Elle anticipe quelque 75 000 faillites d’entreprises en 2026, un record historique, avec 2,6 milliards d’euros d’avances faites aux salariés. Ce fonds de solidarité interentreprises accompagne les entreprises en difficulté et leurs salariés. Sa mission d’intérêt général consiste à avancer les créances salariales dues en exécution du contrat de travail lorsque ni l’entreprise, ni un tiers, ne peut payer les salariés, en cas de procédure de sauvegarde ou de redressement judiciaire, ou en cas de liquidation.
2,6 milliards d’euros en 2026
Au 30 juin 2026, l’Association a déjà mobilisé 1,31 milliard d’euros pour garantir le paiement des salaires des entreprises en procédure collective, soit une hausse de 19,4 % sur un an. Si cette tendance se poursuivait, le régime pourrait donc franchir le seuil inédit de 2,6 milliards d’euros d’avances réalisées d’ici la fin de l’année (+ 16 % par rapport à 2025), un niveau jamais atteint depuis la création du régime en 1974. Cette aggravation des comptes sur le premier semestre "confirme les difficultés durables auxquelles sont confrontées les entreprises françaises" souligne l’AGS dans un communiqué, "dans un contexte où les prévisions tablent désormais sur 71 000 à 75 000 défaillances d’entreprises en 2026".
14 000 nouvelles procédures
Après une année 2025 déjà historique, marquée par plus de 2,2 milliards d’euros d’avances, les indicateurs du premier semestre 2026 témoignent d’un nouveau changement d’échelle. Depuis janvier, l’AGS a accompagné près de 158 000 salariés, soit 12 % de plus qu’un an auparavant, tandis que près de 14 000 nouvelles procédures sollicitant son intervention ont été ouvertes.
Environnement économique dégradé
La part des grandes et moyennes entreprises accompagnées par l’AGS augmente et le nombre de salariés impactés est logiquement en croissance, avec des conséquences sociales plus lourdes. "Les difficultés que nous observons depuis plusieurs trimestres ne relèvent plus d’une situation ponctuelle. Elles traduisent une fragilité durable de nombreuses entreprises confrontées à un environnement économique dégradé. Les défaillances que nous accompagnons sont souvent plus importantes et produisent un impact social plus marqué" constate Christian Nibourel, président de l’AGS.
L’industrie en première ligne
L’industrie reste le premier secteur accompagné par l’AGS au premier semestre avec 295 millions d’euros d’avances, en progression de 28,6 % sur un an. Le commerce suit avec 211 millions d’euros (+ 27,6 %), devant la construction. Les hausses les plus marquées concernent toutefois le transport et l’entreposage (+ 38,4 %) et l’hébergement-restauration (+ 37,7 %).
Les emplois qualifiés à la peine
Du côté des salariés le profil des bénéficiaires montre que les défaillances touchent de plus en des emplois qualifiés, avec, à fin juin, une avance moyenne versée de 8 294 euros par salarié contre 7 779 euros en moyenne sur la même période en 2025. Ce montant en hausse se double de fortes disparités territoriales qui s’accentuent, affirme l’AGS avec une progression du nombre de salariés accompagnés dans les Hauts-de-France (+ 10 355 bénéficiaires) et en Occitanie (+ 2 312 bénéficiaires).
Réactivité maximale
Malgré une activité en forte hausse, l’AGS maintient un niveau de réactivité élevé se félicite Antonin Blanckaert, directeur général de l’AGS, qui note que "plus de 80 % des relevés de créances continuent d’être pris en charge en moins de 48 heures ce qui constitue un facteur essentiel de protection des salariés confrontés à la défaillance de leur employeur".