Le centre lavallois de développement technologique Clarté a mis au point une réalité mixte inédite pour Stellantis
# Automobile # PME

Le centre lavallois de développement technologique Clarté a mis au point une réalité mixte inédite pour Stellantis

S'abonner

Stellantis s’est équipé d’une solution de réalité mixte pour évaluer le design de ses prototypes. Une technologie mise au point avec le centre lavallois Clarté. Le centre de recherche et d’expertise dans le domaine de la réalité virtuelle et augmentée se positionne auprès des centres R & D des entreprises, rendant opérationnels les solutions imaginées dans les laboratoires.

Stellantis et son partenaire dans les innovations en matière de réalité virtuelle Clarté ont présenté une première mondiale, à Laval, du 8 au 10 avril 2026 : l’usage de la mobilité mixte en mode dynamique. Ici Matthieu Mika, ingénieur R & D du groupe, et Alexandre Bouchet directeur du centre lavallois — Photo : Frédéric Gérard

Le centre de ressources technologiques lavallois Clarté a mis au point pour Stellantis le moyen de stabiliser la réalité mixte, superposant aux images réelles des images virtuelles grâce à un casque. Cette solution permet aux ingénieurs chargés du développement des prototypes du constructeur automobile d’améliorer le design des futurs véhicules. Et ainsi, de gagner du temps et de réduire les coûts par rapport à la fabrication de concept cars, très onéreux en version motorisée – on parle de millions d’euros.

Il est ainsi possible de s’installer au volant d’un véhicule existant et de le conduire muni d’un casque de réalité mixte – comme dans les voitures écoles, un accompagnant sans casque dispose d’un volant et de pédales pour assurer la sécurité des passagers. Des caméras projettent dans la visière du casque du conducteur son environnement réel, auquel une programmation logicielle va ajouter des images : le cockpit d’un prototype, mais également des personnages ou objets mouvants, une circulation plus ou moins dense.

Un premier pas dans le développement en mode réel

"Jusqu’ici, nous pouvions expérimenter les évolutions en mode statique. Nous devions donc nous projeter pour savoir comment les designs imaginés pour un tableau de bord ou les barres de l’habitacle pouvaient être améliorés. Depuis fin 2025, nous pouvons utiliser la réalité mixte embarquée comme un outil permanent, dans des situations réalistes. Cela nous permet d’identifier ce qui peut être modifié dans l’ergonomie, l’esthétique, voire la fiabilité d’éléments connectés des prototypes. On peut évaluer le ressenti au même niveau que le client final", explique Matthieu Mika, ingénieur en réalité virtuelle transverse du centre R & D de Stellantis. Son équipe est composée de dix ingénieurs spécialisés en réalité virtuelle et augmentée.

Des travaux de longue date

L’usage de la réalité virtuelle dans le groupe automobile est antérieur aux années 2000, lorsqu’il se nommait encore PSA. L’utilisation permanente de la réalité virtuelle comme outils de développement date de 2004 et la création du centre de Vélizy-Villacoublay (Yvelines). La collaboration avec Clarté remonte à ces années-là. "Nous avons constamment eu des projets de développement pour Stellantis, hormis la période entre 2015 et 2019. Depuis, nos relations se sont affirmées", raconte Alexandre Bouchet, directeur du centre lavallois.

Le conducteur conduit bien un véhicule concret dans un environnement réel. Mais le casque superpose aux images de son environnement des projections de cockpit ou conditions extérieures différentes, pour tester l’ergonomie imaginée en R & D par exemple — Photo : F Gérard - M Mika

"Le développement de la réalité mixte pour une utilisation dynamique remonte à 2021 et a mobilisé sur cette période deux équivalents temps plein pendant ces cinq ans chez nous. C’est l’un des projets les plus ambitieux que nous ayons développé pour ce client", poursuit Alexandre Bouchet. L'ingénieur lavallois précise que le plus difficile était de calibrer les composants (images filmées, générées, capteurs, stabilité des images, etc.) afin de rendre l’utilisation de cette technologie agréable et qu’elle ne rende pas malade les utilisateurs. Et d'annoncer que "d’autres dossiers d’innovation pour Stellantis sont en cours".

Clarté, qui fête ses 30 ans cette année, emploie 17 salariés, dont quinze au développement, et dispose d’un budget de fonctionnement de 1,4 million d’euros. Le centre aide principalement des grands groupes et des start-up pour mettre au point des innovations dans les domaines de la réalité virtuelle et augmentée.

Un usage unique au monde ?

Ce projet "XR on board" est, à la connaissance des deux partenaires, "unique au monde dans l’industrie automobile". "Officiellement, les constructeurs n’utilisent la réalité virtuelle qu’en mode statique. Stellantis et d’autres grandes marques françaises ont toujours été à la pointe sur ces technologies", précise Alexandre Bouchet.

"L’avantage pour nous, c’est que pour la première fois, nous pouvons montrer publiquement ce que l’on est capable de faire. D’habitude, c’est confidentiel"

Un partenariat franco-français

Pour les ingénieurs de Stellantis, cette collaboration est aussi un moyen de montrer que le groupe aux différentes nationalités travaille toujours avec des acteurs français. Notamment dans le secteur des technologies d’IA et de réalité virtuelle et augmentée, où la France présente un écosystème de conception et de conseil reconnu.

La preuve par l’image

"L’avantage pour nous, confie le directeur de Clarté, c’est que pour la première fois, nous pouvons montrer publiquement ce que l’on est capable de faire. D’habitude, c’est confidentiel." La technologie a été présentée lors du salon Laval Virtual, organisé dans la capitale mayennaise du 8 au 10 avril 2026.

Un usage à transposer dans d’autres domaines

Clarté va désormais pouvoir s’appuyer sur les ressources technologiques obtenues grâce à ce projet avec Stellantis. Une clause de confidentialité et de développement empêche le centre d’innovation de proposer son expertise à d’autres acteurs du secteur automobile. "Mais nous allons pouvoir proposer son usage dans d’autres domaines industriels : aéronautique, ferroviaire, naval, engins de chantiers", prévoit Alexandre Bouchet.

Laval France # Automobile # Numérique # Recherche et développement # PME # Grandes Entreprises # Innovation