À Laval, un duo d’entrepreneurs veut créer un parc d’expériences immersives. Des lieux du monde entier pourront y être traversés en réalité augmentée, sans le port d’un casque. Des décors cinématographiques compléteront les zones de projection, avec des effets sonores, olfactifs et tactiles. Le visiteur verra ainsi ses cinq sens stimulés. "Il n’y aura rien de mécanique dans notre parc", assure Aurore Keramas-Patsiatzis, qui porte le projet avec Julien Lenoir.
Inspiré d’artistes japonais
"Nous nous sommes inspirés du travail du collectif teamLab à Tokyo, des artistes précurseurs qui proposent des parcours où les gens peuvent sentir des fleurs ou la sensation de l’eau, poursuit l’entrepreneure. Dans cet esprit, notre idée est de faire découvrir des paysages et des ambiances naturelles. Par exemple en donnant l’impression d’arriver par le canyon à Petra, en Jordanie. Ou bien de traverser une rizière en Asie en sentant l’herbe qui nous frôle les jambes…"
Faire voyager les autres
À la tête de leur propre agence immobilière Lenoir-Keramas, les deux porteurs de projet sont au départ novices dans le domaine du divertissement et des nouvelles technologies. L’idée de ce parc a germé il y a deux ans, au retour d’un road trip aux États-Unis. En racontant son périple, photos et vidéos à l’appui, le couple se rend compte que tout le monde ne peut avoir cette chance de parcourir le monde ; que ce soit pour des raisons d’argent, de santé, d’âge…
Les deux entrepreneurs se lancent alors le challenge de concevoir un parc immersif autour du voyage. Ils créent pour cela en septembre 2024 la société Kerlen Innovation, une SAS au capital de 20 000 euros. Et depuis deux ans, Aurore Keramas-Patsiatzis et Julien Lenoir élaborent ce futur espace intérieur de 5 000 m².
Le futur site localisé
"Le terrain nous est déjà réservé", le long d’un axe majeur dans l’agglomération lavalloise. Cependant, Aurore Keramas-Patsiatzis ne veut en préciser la localisation. "La surface nous permettra de nous étendre si besoin dans un second temps", ajoute-t-elle. Le début des travaux est espéré au cours du premier semestre 2026, pour une ouverture deux ans plus tard.
Plus de 150 000 visiteurs par an
Le futur parc indoor pourrait aboutir à la création de 35 emplois. "Nous prévoyons une fréquentation de 165 000 visiteurs la première année", annonce Aurore Keramas-Patsiatzis. L’entreprise cible principalement lpour lese Grand Ouest, pour attirer des visiteurs vivant à deux heures de route maximum de Laval. La capacité d’accueil sera de 2 500 visiteurs en simultanée. Chacun fera son "voyage" à son rythme, avec une moyenne de présence sur site établie autour de 2 h 30.
14 millions d’euros à trouver
Pour financer l’acquisition de la parcelle, la construction du bâtiment et le fond d’exploitation, dont l’achat et l’installation des équipements, les entrepreneurs cherchent à réunir 14 millions d’euros. Une levée de fonds est en cours. Le nom du futur parc sera donné lorsque la somme sera récoltée.
Une sphère d’experts
En attendant d’accueillir des investisseurs, les deux associés s’appuient sur un board d’experts qui leur prodiguent des conseils juridiques, financiers, d’experts-comptables, mais aussi dans les domaines de l’architecture des lieux de divertissement ou encore de la gestion de billetterie. Certains interviennent sous contrats, d’autres par conviction. "C’est incroyable l’enthousiasme des gens pour notre projet depuis le début. Beaucoup de personnes nous donnent de leur temps gracieusement pour voir notre projet aboutir", confie Aurore Keramas-Patsiatzis.
Une rencontre déterminante a permis l’implication dès le début du studio qui a créé Aya, une attraction immersive ouverte à Dubaï en 2023, et qui est la référence mondiale en la matière — il s’agit des studios WB Show pour lesquels Studio BK à Lyon est également intervenu.
Laval, évidemmentdont
Le projet est incubé à Laval Mayenne Technopole. Aurore Keramas-Patsiatzis et Julien Lenoir reçoivent également l’appui de Laval Virtual et de Clarté, une société lavalloise qui conçoit ou aide à la création de systèmes en réalité virtuelle ou augmentée.
L’écosystème local autour de ces technologies a convaincu les porteurs de projet d’implanter leur parc immersif à Laval. Mais pas seulement. "Nous sommes mayennais depuis plusieurs générations et croyons à l’attractivité de notre région."