L’année 2026 démarre sur les chapeaux de roues pour Neo Xperiences, qui vient de lever 3,6 millions d’euros auprès de Go Capital, Bpifrance et l’Agence de développement de la Normandie. Née en 2018, sous l’impulsion de Boris Courté, la jeune pousse développe des jeux immersifs en s’appuyant sur le numérique. L’opération vise à accroître sa présence à l’étranger et à développer un nouveau débouché pour ses jeux, à visée thérapeutique.
15 embauches d’ici à 2028
La start-up, implantée à Carpiquet, à côté de Caen, a pu réaliser 15 embauches et porter son effectif à 35 salariés. Elle compte embaucher 15 autres personnes d’ici à 2028, "dans la R & D, le développement de contenu et de jeux, le commercial…", énumère Boris Courté, dirigeant de l’entreprise. Ces recrutements permettront à l’entreprise d’accélérer son déploiement à l’étranger.
40 % du chiffre d’affaires à l’export
En 2026, Neo Xperiences compte 15 millions de joueurs dans le monde et est présente dans 40 pays. "Nous réalisons 40 % de notre chiffre d’affaires à l’export, avec de belles performances au Royaume-Uni, en Suisse, en Espagne, au Moyen-Orient et en Amérique du Nord", souligne Boris Courté, qui souhaite voir cette part augmenter dans le futur. Les parcs de loisirs et l’évènementiel sont les premiers marchés de Neo Xperiences, qui s’ouvre également aux collectivités.
1,7 million d’euros de chiffre d’affaires en 2024
L’entreprise caennaise développe tous ses jeux immersifs en interne, en quelques semaines ou quelques mois, selon la complexité. Leurs prix démarrent à 10 000 euros et peuvent atteindre "plusieurs centaines de milliers d’euros, pour les jeux sous licence Angry Birds par exemple", précise le dirigeant de la start-up. Neo Xperiences réalisait un chiffre d’affaires de 1,7 million d’euros en 2024, mais ne souhaite pas communiquer sur l’exercice de 2025. La start-up normande entend cependant multiplier par dix son chiffre d’affaires d’ici 2028.
Support à l’activité physique et pédagogique
Le principe est simple : un ordinateur, un capteur et un vidéoprojecteur pour diffuser des images sur un mur, suffisent pour jouer. Les utilisateurs sont ensuite invités à interagir directement avec la paroi ou à se déplacer dans la salle, utiliser des ballons, ou autres objets, pour avancer dans le jeu. Les jeux peuvent servir de support pédagogique, pour sensibiliser au tri sélectif par exemple, ou inciter à la pratique physique. "Nos jeux permettent de faire du sport sans s’en rendre compte", pointe Boris Courté. Selon l’entrepreneur, en une heure de jeu immersif, une personne brûlerait 600 à 700 kilocalories.
Aider à la rééducation
Neo Xperiences souhaite également capitaliser sur la levée de fonds pour attaquer un nouveau marché : la santé. La start-up entend faire de ses jeux une alternative à la rééducation. En lien avec des chercheurs de Caen, la jeune pousse développe ses jeux de manière à pouvoir analyser les capacités des patients grâce à des capteurs et à proposer des exercices ludiques. Cette nouvelle offre santé est déjà en cours de développement dans cinq centres normands de rééducation. Elle s’adresse aux personnes en fauteuil roulant, en suivi post-AVC, ou atteintes d’un syndrome Alzheimer, afin de leur permettre de travailler motricité et fonctions cognitives. Neo Xperiences a reçu un soutien d’un million d’euros du programme européen FEDER et de la Région pour l’application innovante de ses jeux à la santé.