Les chiffres sont parfois trompeurs. Les statistiques des ventes de voitures neuves en France font apparaître une progression de 11,4 % en juin 2026 par rapport à juin 2025 selon "la Plateforme automobile" (PFA), organisation qui représente la filière dans l’Hexagone. La croissance serait belle si elle n’était pas due à un bug calendaire avec deux jours ouvrés supplémentaires en juin de cette année. Si l’on tient compte de cette différence, la croissance à nombre de jours égal n’est plus que de 1,2 %.
Un marché à la peine
"En réalité le marché stagne […] depuis le début de l’année" constate une porte-parole de cette organisation qui fédère constructeurs et équipementiers automobiles français. Et l’on est encore très loin des volumes de ventes enregistrées avant la pandémie de Covid en 2019, quand la moyenne mensuelle s’établissait à 250.000 immatriculations. En juin 2026 seulement 188.787 voitures particulières neuves ont été immatriculées, toutes marques et motorisations confondues, soit 18,2 % de moins qu’il y a 7 ans.
Les véhicules utilitaires ralentissent
Au total sur le premier semestre, un peu plus de 857 000 immatriculations de voitures particulières ont été recensées, soit une hausse de 1,8 % sur un an, mais une baisse de 26,5 % par rapport aux ventes des six premiers mois de 2019.
Les ventes de véhicules utilitaires légers neufs (moins de 5,1 tonnes) s’affichent elles clairement à la baisse avec un recul de 4,9 % en juin 2026 par rapport à juin 2025 (-13,5 % si l’on tient compte de la différence de jours ouvrés) avec 35 551 immatriculations exactement et de -1,94 % sur six mois avec près de 182 000 immatriculations.
L’électrique s’envole
L’érosion continue du marché automobile masque cependant une transformation structurelle avec la progression des ventes de voitures électriques qui atteignent désormais une part de marché de 30 % en juin et de 28 % sur les six premiers mois de l’année (+ 10 points par rapport à 2025). Traduction : selon les experts un point de bascule vers l’électrique a été franchi qui résulte notamment de l’élargissement de l’offre (avec plus de 180 modèles) et de la baisse des prix liée à la commercialisation de nouveaux modèles d’entrée de gamme (comme la R5 et Twingo de Renault ou la ë-C3 de Citroën).
Une tendance encouragée par les pouvoirs publics qui imposent désormais l’électrification des flottes d’entreprise avec la loi LOM (Loi d’Orientation des Mobilités) votée en 2019. Cette loi contraint notamment les entreprises ayant une flotte de plus de 100 véhicules à respecter des quotas de voitures électriques (10 %) lors de son renouvellement. Pour les particuliers l’incitation à l’achat d’un véhicule électrique repose sur les aides à l’acquisition comme le bonus écologique ou le "leasing social", qui doit être relancé ce mois-ci.
Stellantis sourit, Renault fait grise mine
De façon plus globale l’impact de la hausse des prix des carburants depuis le début de la guerre au Moyen-Orient joue aussi à l’évidence en faveur de l’électrique et encourage par contrecoup la montée en puissance des constructeurs chinois comme MG et BYD qui réalisent à eux seuls environ 10.000 ventes de voitures en juin. Tesla bénéficie également de cet engouement avec une remontée spectaculaire de ses ventes en hausse de 140 % sur les six premiers mois de l’année.
La situation des constructeurs hexagonaux est quant à elle contrastée, les ventes de véhicules particuliers de Renault s’affichant à la baisse (-3,8 %) de janvier à juin 2026, pénalisées par le recul de Dacia (-9,98 %) quand bien même Alpine fait la course en tête (+ 30 %). Stellantis en revanche progresse (+ 0,56 % sur six mois) avec une belle envolée de Fiat (+ 69 %), quand Peugeot s’affaisse (-8,2 %) et Citroën, progresse (+ 7 %).