Sur son site industriel d’Écouflant, l’usine angevine de Valeo emploie environ un millier de personnes. Elle est l’une des références de la division "éclairage et essuyage" du groupe. On y conçoit et/ou fabrique des phares pour de nombreux modèles automobiles, des plus grand public tels ceux de la dernière Renault 5 électrique, jusqu’à des modèles prestigieux à l’image de ceux de la mythique marque italienne Ferrari, conçus par le service R & D angevin. En investissant fortement ces dernières années, le site accompagne la mutation du secteur automobile, qui tend vers plus de sécurité, l’électrification des moteurs, les véhicules autonomes ou encore l’intégration de systèmes de plus en plus intelligents.
45 millions d’euros d’investissements
Pour l’équipementier Valeo, qui emploie 100 000 collaborateurs dans le monde pour un chiffre d’affaires de 20,9 milliards d’euros, la division Light, qui intègre l’éclairage et l’essuyage, entre autres les essuie-glaces, représente 26 % des ventes, soit 5,4 milliards d’euros. En Europe et dans le monde, l’usine d’Angers, à laquelle est adjointe celle, plus petite, de Blois (Loir-et-Cher), est l’un des sites stratégiques de Valeo en matière d’éclairage pour l’automobile. Implanté en 1967 avec la marque Cibié, le site angevin est devenu Valeo en 1980. En 1997, y a été intégré un centre de R & D, qui emploie environ 250 personnes, et la mutation de l’automobile l’a fait basculer en 2012 à la fabrication de phares à Led.
Parallèlement, l’usine angevine n’a cessé de monter en puissance, automatisant sa production à partir de 2019. Et elle achève actuellement un vaste programme d’investissement de 45 millions d’euros lancé en 2023. Il s’est agi de moderniser l’outil industriel d’Angers, et dans une moindre mesure celui de Blois, pour développer et fabriquer des phares de nouvelle génération afin de répondre aux attentes des constructeurs.
168 recrutements en trois ans
Dernier investissement en date dans l’usine angevine de Valeo, qui s’étend sur 30 000 mètres carrés couverts, l’installation, pour plus de 5 millions d’euros, de deux presses de 60 tonnes permettant de fabriquer les glaces des phares, soit la partie visible de l’équipement. Auparavant, l’usine pouvait en produire environ 6 000 chaque jour. Désormais, ce sont plus de 10 000 qui pourront être fabriquées quotidiennement. Les travaux ont duré un an, incluant également l’installation d’un pont roulant de 16 tonnes.
Ils ont également fait l’objet de 15 recrutements, et plus généralement, l’équipementier s’est fortement renforcé à Angers et à Blois. "Nous avons réalisé 168 embauches ces trois dernières années, témoigne Jean-Philippe Daveau, directeur du site Valeo d’Angers. Nous disposons à Angers de notre propre centre de formation, la Valeo Lighting Academy, qui reçoit environ 450 personnes par an."
Un centre qui a développé à ce jour 21 modules de formation qui s’appuient pour certains sur des technologies telles que la réalité augmentée.
9 000 phares et 20 000 modules chaque jour
L’usine Valeo d’Angers produit chaque jour 9 000 phares et 20 000 modules. Ces modules sont les éléments qui seront intégrés dans les phares. Le site fabrique ainsi des produits finis mais également des éléments qui seront intégrés aux phares assemblés dans d’autres unités européennes du groupe. Aussi l’usine angevine expédie-t-elle une partie de sa production en interne, en Roumanie, en Espagne, en Pologne et en Italie, et pour l’autre partie vers les sites de production de constructeurs automobiles de différentes marques en Europe.
S’il fait appel à des fournisseurs implantés pour plus de 60 % en Europe, le site s’appuie également sur une fabrication d’éléments en interne. Avec 25 presses, on y fabrique en effet jusqu’à 70 000 pièces injectées par jour, qui entreront dans la composition des phares.
De nouveaux besoins
Les projecteurs fabriqués par les équipementiers doivent répondre aujourd’hui à différentes exigences des constructeurs : "Il y a en premier lieu une exigence de sécurité, et on tend par exemple vers des véhicules qui seront en permanence en feu de route sans éblouir les conducteurs arrivant en face. On estime qu’ils équiperont un tiers des véhicules dans le monde en 2035. Les constructeurs ont aussi des exigences en matière de style, de performance, avec plus de personnalisation, de durabilité et de réparabilité", indique Pierre-Emmanuel Strohl, directeur recherche, innovation, stratégie et marketing de la division Light de Valeo.
Les produits intègrent également de plus en plus de matières biosourcées et recyclées, tout comme ils se nourrissent de nouvelles technologies, telles que l’intelligence artificielle.
Une accélération sur le marché des camions
Pour répondre à ces besoins, le service R & D de Valeo travaille sur plusieurs projets. Six sont actuellement en développement, dont trois concernent des systèmes d’éclairage de camions. "Nous sommes centre d’excellence pour le développement des phares de poids lourds, précise Jean-Philippe Daveau, et nous sommes entrés dans cette conquête de marché. L’objectif est de passer à 40 % de notre production pour les constructeurs de camions en 2028 contre 20 % actuellement. En 2030, nous devrions équiper 6 des 7 marques européennes, soit environ les trois quarts du marché."
L’usine d’Angers travaille déjà avec la marque DAF et mène actuellement un projet avec Scania. Un projet purement local, puisque l’usine angevine d’assemblage du constructeur suédois ne se situe qu’à un peu plus d’un kilomètre du site de Valeo.