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Comilog Dunkerque se modernise avec un four à 42 millions d'euros
Dunkerque # Métallurgie # Investissement industriel

Comilog Dunkerque se modernise avec un four à 42 millions d'euros

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Comilog Dunkerque inaugure un four flambant neuf, remplaçant un équipement trentenaire. Fruit d'un investissement de 42 millions d'euros, cet outil permet à la filiale d'Eramet d'augmenter sa capacité de production de silicomanganèse, un alliage stratégique pour les aciers carbone. Le site s'engage aussi sur la voie de la décarbonation.

Une vue du nouveau four de Comilog Dunkerque, qui mesure 7 mètres de haut, pour 13,4 mètres de diamètre — Photo : Elodie Soury-Lavergne

Comilog Dunkerque vient d’inaugurer un tout nouveau four, fruit d’un investissement de 42 millions d’euros (installation et aménagements compris). Cet équipement de 7 mètres de haut et de 13,4 mètres de diamètre remplace le précédent et unique four du site, qui était âgé de 35 ans. "C’était un record, car la durée de vie moyenne de ces fours est plutôt de 15 à 25 ans", souligne Vincent Pomarede, directeur du site. Avec 68 collaborateurs, Comilog Dunkerque produit du silicomanganèse, un alliage qui constitue un composant essentiel des aciers carbone utilisés dans l’automobile, la construction ou l’énergie. Installé dans la zone industrielle du Port de Dunkerque, ce site approvisionne les marchés français, belge, hollandais et allemand.

Hausse de la capacité de production

Pour installer ce four, il a fallu détruire le précédent et donc suspendre la production durant quelques mois. "Le nouveau four est entré en service en début d’année mais il n’a atteint son rythme de croisière qu’en juin", précise le directeur du site. Affichant une puissance électrique de 40 MW, il dispose d’une capacité de production annuelle de 78 000 tonnes de silicomanganèse, contre 66 000 tonnes pour le précédent four. "Notre ambition est d’atteindre ces 78 000 tonnes produites dès l’année prochaine", souligne le directeur.

Vincent Pomarede, directeur de Comilog Dunkerque, expliquant le fonctionnement du nouveau four, fruit d'un investissement de 42 millions d'eiuros — Photo : Elodie Soury-Lavergne

Une montée en puissance qui doit permettre de faire face à une demande dynamique. "Tout le métal que nous produisons ici est vendu dans l’heure", assure Vincent Pomarede, qui déclare ne pas être affecté, à date, par les difficultés de ses clients européens face à la concurrence de l’acier chinois.

Couverture de 23 % de la demande française

Engagé auprès de ses clients par des contrats de long terme, Comilog Dunkerque réalise un chiffre d’affaires annuel de près de 60 millions d’euros, "qui fluctue en fonction du cours de l’alliage de manganèse", note le directeur du site. À lui seul, ce site nordiste répond à 23 % de la demande française en silicomanganèse et à 7 % de la demande européenne.

Dès 2026, Comilog Dunkerque ambitionne de produire 78 000 tonnes de silicomanganère, un alliage utilisé par les aciéristes — Photo : Elodie Soury-Lavergne

Ce site industriel est une filiale du groupe parisien Eramet (3,4 Md€ de CA en 2024), extracteur et transformateur de minerais, qui compte en tout six usines de production de silicomanganèse dans le monde (France, Norvège, États-Unis, Gabon). "Le four le plus productif du groupe est désormais celui de Dunkerque", se réjouit Vincent Pomarede.

La décarbonation en ligne de mire

Le nouveau four dunkerquois a la particularité d’être semi-fermé, contrairement aux autres fours du groupe. "Cette particularité lui permet de mieux accepter l’utilisation de bioréducteurs, c’est-à-dire de carbone renouvelable, issu par exemple de déchets de l’industrie forestière", détaille le directeur. Dès l’année prochaine, Comilog Dunkerque va tester l’utilisation de bioréducteurs dans son four, en remplacement partiel du coke, un réducteur d’origine fossile. Une initiative qui permettrait de décarboner à la fois l’activité du site nordiste, mais aussi la production de ses clients aciéristes.

Une vue du nouveau four de Comilog en fonctionnement — Photo : Elodie Soury-Lavergne

Grâce à l’utilisation de minerais à haute teneur, extraits d’une mine de manganèse d’Eramet au Gabon, les alliages produits à Dunkerque ont aussi une empreinte carbone limitée. "Celle-ci est de moins de 1,9 tonne de CO2 par tonne d’alliage produite, soit deux fois moins que la moyenne mondiale, estimée à 3,9 tonnes", revendique le directeur.

Dunkerque # Métallurgie # Investissement industriel # PME # Grandes Entreprises # International # Transition écologique