Le projet de production de lithium géothermal Ageli (Alsace Géothermie Lithium), porté par le groupe minier parisien Eramet (10 700 collaborateurs, 3,8 Md€ de CA en 2023) et Électricité de Strasbourg (ÉS) a été reconnu mardi 25 mars comme "projet stratégique" par la Commission européenne. L’instance estime qu’il peut "contribuer significativement à la sécurité d’approvisionnement de l’Union européenne en matières premières stratégiques" et se présente "comme un outil essentiel de la transition énergétique" sur le Vieux continent.
Grâce à ce statut, Ageli pourra bénéficier d’un traitement prioritaire permettant d’accélérer certains délais administratifs et de faciliter les recherches de financements. L’objectif du projet Ageli est d’exploiter les eaux géothermales du fossé rhénan en Alsace du Nord, afin de produire de l’énergie décarbonée et du lithium nécessaire à la future filière européenne de la batterie.
Les porteurs de projets espèrent un effet de levier
Cette production doit répondre aux besoins liés à la mise en service d’environ 250 000 batteries de véhicules électriques par an, soit 15 à 20 % des besoins français attendus à partir de 2031. "Nous espérons que ce label sera un levier de développement pour cet ambitieux projet, et qu’il pourra se concrétiser par un accompagnement politique et financier à la hauteur des défis technologiques, économiques et stratégiques à relever", juge Geoff Streeton, directeur de la stratégie, de l’innovation et du business development d’Eramet, par voie de communiqué.
"La reconnaissance de la Commission européenne marque une avancée importante pour le projet Ageli. Elle nous encourage dans notre ambition de développer l’un des projets de production de lithium les plus responsables au monde, avec un impact positif pour le territoire. Nos deux équipes sont engagées pour mettre au service de l’Alsace notre expertise dans le développement de projet de géothermie haute température et notre expérience dans l’exploitation de deux centrales, depuis près de 10 ans", corrobore Marc Kugler, directeur général du groupe strasbourgeois ÉS qui compte 1 300 salariés, pour 1,42 milliard d’euros de chiffres d’affaires en 2024.
Des enjeux de sécurité énergétique et de décarbonation
Parmi les 47 projets retenus par l’Union européenne et répartis dans 13 pays de l’UE figure également celui développé par le strasbourgeois Virdian Lithium (17 collaborateurs) qui ambitionne d’implanter une usine de raffinage de lithium dans le nord de l’Alsace, à Lauterbourg (Bas-Rhin), avec un accès direct au Rhin. En début d’année, l’entreprise avait déjà décroché un agrément pour un crédit d’impôt au titre des investissements dans l’industrie verte de près de 120 millions d’euros pour son projet d’usine chiffré à 300 millions d’euros. Ceci en vue de produire 28 500 tonnes "d’hydroxyde de lithium monohydraté" pour le marché des batteries à partir de 2028. "Nous sommes prêts à accélérer le développement de notre usine de raffinage de lithium à la pointe de la technologie à Lauterbourg, contribuant ainsi aux objectifs de sécurité énergétique et de décarbonation de l’Europe", s’est félicité Viridian sur sa page LinkedIn.