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Workathon s’allie à l’Afpa pour essaimer dans le Grand Est et répondre à la pénurie de talents
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Workathon s’allie à l’Afpa pour essaimer dans le Grand Est et répondre à la pénurie de talents

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Réuni en février au siège d’Électricité de Strasbourg, le Workathon a noué un partenariat avec l’Afpa pour se déployer dans le Grand Est. Le dispositif met en relation des jeunes, des écoles et entreprises, pour élaborer des solutions à des problématiques RH principalement : améliorer l’intégration des jeunes, adapter le management aux attentes des nouvelles générations, etc. L’occasion aussi de se faire un réseau…

Anne‑Claire Palud et Christine Reuther, co-fondatrices du Workathon, présentent le bilan des précédentes éditions, au siège d’Électricité de Strasbourg le 10 février 2026 — Photo : Marine Dumeny

Porté par Christine Reuther et Anne-Claire Palud d’Healthy, le Workathon poursuit sa montée en puissance. Concrètement, le Workathon repose sur un principe simple : pendant un temps court, des jeunes (étudiants, apprenants, jeunes actifs), des entreprises, des écoles et parfois le grand public travaillent ensemble sur des problématiques très opérationnelles rencontrées par les entreprises, principalement en matière de ressources humaines. L’objectif n’est pas théorique, mais bien de faire émerger des solutions directement activables dans les entreprises présentes, pensées par ceux qui s’apprêtent à entrer, ou viennent d’entrer, dans le monde du travail.

Dans les faits, les entreprises exposent une difficulté précise, par exemple améliorer l’accueil des jeunes recrues, rendre un métier plus attractif ou adapter leurs pratiques managériales. Et les participants co-construisent des réponses concrètes. Certaines solutions sont ensuite testées, voire déployées.

Lieu de rencontre entre les jeunes et les entreprises locales

Le Workathon sert aussi de lieu de rencontres. Pour les entreprises, c’est une façon de faire connaître leurs métiers et leurs valeurs. En vue notamment d’attirer des talents dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre. Pour les jeunes, une première immersion pouvant déboucher sur un stage, une alternance ou un recrutement.

31 projets

D’année en année, l’événement prend de l’ampleur. La troisième édition a réuni 1 200 participants, 50 partenaires, 18 écoles, autour de 12 ateliers, et fait émerger 31 solutions concrètes dans les entreprises participantes.

Améliorer "l’onboarding" des jeunes

Au cœur des travaux, présentés au siège social d’Électricité de Strasbourg (plus de 1 100 salariés, 1,4 Md€ de chiffre d’affaires) : un sujet transversal aux entreprises de tous secteurs, l’onboarding des jeunes et la transformation des pratiques managériales face à de nouvelles attentes générationnelles. Un thème récurrent du Workathon, qui adapte ensuite ses ateliers selon les filières et les besoins exprimés par les entreprises participantes. "Le Workathon encourage un dialogue constructif entre jeunes et entreprises, et redonne confiance dans l’entrée dans le monde du travail", témoigne Manon, une ancienne participante.

Des attentes nouvelles, un monde du travail à réinventer

Les échanges ont mis en lumière une évolution nette des priorités. 90 % des jeunes privilégient désormais une entreprise responsable, attentive au sens, aux conditions de travail et aux perspectives d’apprentissage.

"La difficulté n’est pas seulement d’attirer les talents, mais d’avoir des jeunes pleinement engagés, résume Nathalie Roos, présidente de cette troisième édition, ancienne dirigeante chez Lipton et ex-cadre dirigeante chez L’Oréal. Ils ont besoin de se sentir grandir dans l’entreprise, d’apprendre et de se développer. Or les process restent souvent trop figés et peu réactifs. "

Nathalie Roos (ancienne dirigeante chez Lipton – ex-cadre dirigeante chez L’Oréal), présidente de la 3ᵉ édition du Workathon — Photo : Marine Dumeny

Pour les entreprises, l’exercice est aussi un miroir : se mettre à la place des jeunes permet d’interroger leurs pratiques internes, leurs modes de management et leur capacité à faire évoluer leurs organisations.

Un partenariat clé avec l’Afpa pour structurer le déploiement

C’est dans cette logique qu’intervient le partenariat stratégique avec l’Afpa (l’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes), annoncé lors de l’événement. Un premier Workathon co-construit avec l’organisme de formation se tiendra en juin 2026 à Strasbourg, autour du secteur du bâtiment, particulièrement confronté aux tensions de recrutement.
Le dispositif étendu, souhaité par le Workathon, s’appuiera à la fois sur l’Afpa Formation, via des ateliers sectoriels, et sur les Villages des solutions, qui accompagnent les apprentis et visent notamment les territoires ruraux, en lien étroit avec les entreprises locales.

"L’ambition est claire : adapter la dynamique du Workathon aux réalités des filières et des territoires", explique Christine Reuther, qui souhaite désormais essaimer à l’échelle du Grand Est.

Modèle économique hybride et partenaires engagés

Le Workathon repose sur un modèle économique mixte : 60 % du financement provient des entreprises et des écoles, le solde étant assuré par des institutions comme la Région Grand Est et l’Eurométropole de Strasbourg. Plusieurs niveaux de packs sont proposés aux entreprises, intégrant communication, formation et démarches RSE.
Des partenaires comme La Maison de l’emploi ou l’Adira (pour la visibilité), Reboot Conseil (entreprise spécialisée dans l’usage de l’IA pour enrichir l’expérience) ou encore Prosoon (certification et valorisation des compétences acquises) complètent l’écosystème.

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