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Dans le Pas-de-Calais, Battri inaugure sa première usine de recyclage de batteries 
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Dans le Pas-de-Calais, Battri inaugure sa première usine de recyclage de batteries 

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Battri a inauguré, le 20 juin, sa première unité de recyclage de batteries, à Saint-Laurent-Blangy près d’Arras. D’une capacité, à terme, de 35 000 tonnes à l’année, l’unité permet de revaloriser jusqu’à 95 % des composants des batteries, et en particulier, la fameuse "black mass" contenant des métaux rares.

Le procédé mécanique mis au point par Battri permet de recycler les batteries tout en limitant la consommation d’eau et d’électricité — Photo : Battri

La Vallée de la Batterie compte un nouvel acteur, et un nouveau maillon essentiel dans sa chaîne de valeur. Avec sa première usine de recyclage de batteries usagées, inaugurée fin juin 2025 à Saint-Laurent-Blangy (Pas-de-Calais), Battri vient en effet combler un manque, en permettant aux batteries usagées d’être recyclées à proximité de leur lieu de fabrication, encourageant la circularité — et le maintien des métaux rares sur le sol français. La jeune entreprise a été fondée en 2022 par Maxime Trèves, Patrick Archier, Andrew Moeller et Sébastien Romet, des professionnels expérimentés dans les domaines du recyclage des batteries, de l’automobile et de la logistique

Une capacité de 35 000 tonnes

Fruit d’un investissement de 20 millions d’euros (la moitié en capital, l’autre en dette), l’usine aura à terme la capacité de traiter 35 000 tonnes par an de batteries usagées, issues de voitures mais aussi de bus et de camions électriques, comme de trottinettes, d’ordinateurs ou d’outils électroportatifs. Encore en phase de rodage, la plus grande unité de recyclage de batteries de France, implantée sur 15 000 m² au sein d’un ancien entrepôt logistique, va débuter sa pleine activité en septembre. Elle emploie pour le moment une vingtaine de personnes mais devrait compter une cinquantaine de salariés fin 2025. Et une centaine à terme, après le doublement de la première ligne de production, prévu début 2026.

"Cette inauguration est une étape, pose Maxime Trèves, dirigeant de Battri. On prévoit que d’ici 10 ans, il y aura 1,5 million de tonnes de batteries à recycler chaque année en Europe. Le marché potentiel est très important et nous prévoyons d’arriver assez rapidement à la pleine capacité du site". D’autres pourraient voir le jour d’ici là, dans la région ou ailleurs, mais toujours, à proximité des zones de production, pour limiter les coûts logistiques et environnementaux.

À l’heure actuelle, ce sont les raffineurs, capables de trier et valoriser le nickel, le cobalt et le lithium mélangés dans la black mass, qui manquent sur le sol français pour assurer la parfaite circularité de la filière. Les principaux acteurs européens dans ce domaine sont allemands, mais c’est surtout l’Asie qui domine le marché et draine la black mass produite en Europe. Les projets annoncés, comme celui d’Eramet à Dunkerque — suspendu pour l’heure- ou de Mecaware à Béthune, sont donc attendus avec impatience pour accélérer le rattrapage européen, et français, en la matière.

Un procédé exclusif

En attendant, la black mass produite à Saint-Laurent-Blangy sera exportée mais ne quittera pas l’OCDE, promet le dirigeant de Battri. Une fois à plein régime, l’équivalent de quelque 80 000 batteries de véhicules électriques seront traitées sur le site, classé Seveso Seuil Haut en raison du risque d’incendie. Elles vont subir un traitement mécanique, mis au point exclusivement par Battri, qui se démarque ainsi des méthodes utilisées par ses concurrents, nécessitant soit beaucoup d’eau, soit beaucoup d’énergie.

Les batteries, qu’elles aient été récupérées par des organismes de collecte, ou constituent des rebuts de production des gigafactories, sont réceptionnées et stockées par Battri, au sein d’un entrepôt surveillé par des caméras thermiques pour détecter tout départ d’incendie. Lors du traitement, elles sont déchargées de l’énergie qu’elles contiennent encore, récupérée par Battri pour alimenter son process.

"Black mass", cuivre et aluminium récupérés

Elles sont ensuite désossées manuellement, et le cœur des cellules, constituées d’une anode, une cathode, d’un séparateur et d’un électrolyte, est passé dans une série de broyeurs, sous atmosphère confinée. Au fil du processus, les différents éléments constitutifs de la batterie sont triés, à commencer par la black mass qui représente environ 60 % du poids de la batterie. Sont également récupérés, le cuivre et l’aluminium (entre 30 et 40 % du poids traité), mais aussi, des éléments de cartes électroniques, etc. La seule partie qui n’est pas revalorisée pour le moment est le polymère, issu des fines couches qui entourent les cellules. Ces confettis représentent environ 5 % de la masse traitées, et, faute de débouchés, sont incinérés.

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