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Dans la Vallée de la Chimie, Polytechnyl placé en redressement judiciaire
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Dans la Vallée de la Chimie, Polytechnyl placé en redressement judiciaire

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Au sud de Lyon, la Vallée de la chimie encaisse un nouveau choc. Fragilisée par la crise du secteur, Polytechnyl, filiale française du groupe belge Domo Chemicals, vient d’être placée en redressement judiciaire. Une décision qui pourrait entraîner de lourdes conséquences sociales, sur fond d’effet domino venu d’Allemagne et de trésorerie mutualisée.

Vue aérienne de la vallée de la chimie au sud de Lyon — Photo : Axelera

Le jadis prospère "Couloir de la chimie" n’en finit pas de payer les pots cassés de la crise qui secoue le secteur. Après l’annonce début décembre du projet de PSE du spécialiste de la pile à hydrogène Symbio, sis à Saint-Fons comme Polytechnyl, filiale française du groupe belge Domo Chemicals, celle-ci annonce l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire auprès du Tribunal des Activités Économiques de Lyon, au terme d’une audience s’étant déroulée le 8 janvier 2026. Polytechnyl, spécialiste des produits dérivés du polyamide, emploie 540 salariés dans la région, à Saint-Fons (Rhône) et Valence (Drôme).

Effet domino dans le groupe

La situation est présentée comme une conséquence des difficultés des trois entités allemandes "en procédure de pré-insolvabilité" de Domo Chemicals (environ 2 Md€ de CA dont 650 M€ en France), dont le siège est basé à Gand, en Belgique.

Domo Chemicals relie "l’insolvabilité des entités allemandes au fonctionnement en trésorerie mutualisée" du groupe qui a entraîné une cessation temporaire du versement des salaires des employés du site de Belle Étoile au mois de décembre 2025. Mais, suite au passage devant le Tribunal, le régime de garantie des salaires (AGS) devrait y pourvoir d’ici 19 janvier pour le salaire de décembre 2025 et la partie de la rémunération du 1er au 7 janvier.

Déjà 130 postes supprimés cet été

Une décision donc qui a eu des répercussions directes sur Polytechnyl, déjà mal en point puisque son site de Belle Étoile avait déjà annoncé en mars 2025 un plan social qui avait débouché sur la suppression de 133 postes. Pour justifier son PSE de l’été dernier, sa maison mère avait invoqué des conditions de marché qui ne cessent de se dégrader, avec des prix et des marges tirés vers le bas en raison de surcapacités au niveau mondial, conséquence de l’arrivée de nouveaux entrants depuis 2020. Des industriels implantés en Asie et en Amérique du Nord, où le prix du gaz est quatre à cinq fois moins élevé qu’en France.

Tenir ses engagements malgré tout

" Les opérations quotidiennes se poursuivent sur nos sites français et nous mettons tout en œuvre pour limiter autant que possible les perturbations potentielles sur les livraisons aux clients. Notre priorité continue à être la sécurité de nos opérations et le service à nos clients ", assure Stéphane Guélat, directeur général de Polytechnyl.

Dans les semaines à venir, les administrateurs judiciaires travailleront en étroite collaboration avec la direction et les partenaires de la société pour dresser un état précis de la situation financière et évaluer les options de restructuration possibles.

La société Polytechnyl opère deux sites en France : le site de Saint-Fons Belle Étoile (environ 450 employés), dans le Rhône, produisant du sel de nylon et son intermédiaire l’hexaméthylène diamine (HMDA), des polymères polyamides et autres matériaux techniques. Son autre site (environ 90 salariés), situé à Valence dans la Drôme, développe, produit et commercialise des fibres de polyamide. Les deux entités sont issues du rachat en 2020 des activités européennes "Performance Polyamide" de Solvay.

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