L’intersyndicale de Polytechnyl (605 M€ de CA en 2024) craint la fermeture de deux sites chimiques auralpins spécialisés dans les dérivés des polyamides, Saint-Fons Belle Étoile (Rhône) et Valence (Drôme), deux entités de la filiale française du chimiste de droit allemand Domo Chemicals. La seule offre examinée par le Tribunal des Affaires Économiques de Lyon, celle de l’américain Lone Star, prévoit la reprise d’un atelier de R & D, soit "seulement" 72 postes sur 540 (450 à Saint-Fons, 90 à Valence). À la demande du Tribunal, le candidat devrait présenter une copie améliorée de son plan de reprise ce jour.
Les syndicats craignent une fuite des brevets et de la marque Polytechnyl vers l’étranger, et se déclarent à la recherche d’options plus crédibles industriellement, avant le délibéré prévu par le tribunal le 27 avril. " Si Polytechnyl disparaît, plusieurs sites de la Lyon Vallée de la Chimie ne pourront plus produire ". Selon eux, l’arrêt des usines du site de Belle Étoile pourrait perturber de nombreuses productions dont celles de Syensqo, Elkem Silicones, Kem One. Après un plan social touchant 155 emplois à Belle-Etoile en mars 2025, la filiale française de Domo Chemicals avait été placée en redressement judiciaire en janvier 2026. Secouée par l’augmentation de ses coûts, notamment du gaz, et une surcapacité mondiale tirant les prix et les marges vers le bas, Polytechnyl avait enregistré une perte de 94 millions d’euros en 2024.