Côtes-d'Armor
À Glomel, le site d’extraction d’andalousite Imerys pérennisé jusqu’en 2044
Côtes-d'Armor # Industrie # Investissement industriel

À Glomel, le site d’extraction d’andalousite Imerys pérennisé jusqu’en 2044

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Imerys a obtenu l’autorisation d’ouvrir une nouvelle fosse d’exploitation d’andalousite sur son site de Glomel, ce qui pérennise le site costarmoricain jusqu’en 2044. L’exploitation a commencé le 2 juin. L’andalousite est utilisée dans la fabrication des matériaux réfractaires, indispensables à la production d’acier, par exemple.

Élodie Chabas, responsable support technique Europe pour le marché réfractaire à Imerys, et Colin Guinard, responsable carrière et environnement du site Imerys de Glomel, sur la fosse 4, qui va être exploité jusqu’en 2044 — Photo : Matthieu Leman

Ce 18 juin, a lieu le comité de suivi de la carrière Imerys de Glomel (Côtes-d’Armor), qui produit de l’andalousite, minerai indispensable à la fabrication des contenants réfractaires et notamment de la production de l’acier.

Un événement car Imerys Glomel (100 salariés, CA 2024 de 30 M€) vient d’obtenir de la préfecture l’autorisation d’exploiter une nouvelle fosse, la numéro 4. Cette autorisation, délivrée après un processus commencé en 2021, pérennise le site jusqu’en 2044, échéance qui se limitait à 2033 auparavant, avec la seule fosse 3. "La nouvelle fosse s’étend sur 10 hectares, à une altitude de 260 mètres, annonce Colin Guinard, responsable carrière et environnement du site." L’objectif est de descendre à la cote 160 (mètres). Le premier tir d’explosif, pour entamer la roche, symbolisant le début de l’exploitation, a eu lieu le 2 juin.

Les carottages effectués sur la fosse 4 ont permis de déceler une grande quantité, 25 à 30 %, d’andalousite dans la roche — Photo : Matthieu Leman

Une production qui restera de 60 000 tonnes par an

Dans la nouvelle fosse, "l’andalousite est de meilleure qualité qu’en fosse 3, égalant celle des fosses 1 et 2 en atteignant entre 25 et 30 % de la roche (contre 10 % en moyenne dans les autres sites d’Imerys, en Afrique du Sud, NDLR)", se félicite le Costarmoricain. Mais la quantité sera moindre puisque la fosse 4 est plus petite que la fosse 3, qui s’étend sur 20 hectares. Cette dernière va continuer jusqu’à arriver à la cote 160. Il n’y aura donc pas d’augmentation de la production, qui reste de 60 000 tonnes par an, les deux fosses fonctionnant parallèlement jusqu’en 2044.

Un retentissement mondial

L’événement de cette autorisation a un retentissement international puisque 25 % de la production mondiale d’Andalousite est réalisée sur le site de Glomel. Or, cet alumino-silicate contenant jusqu’à 60 % d’alumine est indispensable à la production d’acier, en permettant de fabriquer les moules réfractaires nécessaires au process. "Il n’y a pas d’acier sans réfractaire et pas de réfractaire sans andalousite", formule Élodie Chabas, responsable support technique Europe pour le marché réfractaire.

Sur le site Imerys de Glomel, l’exploitation de la fosse 3 va se poursuivre parallèlement à celle de la fosse 4 — Photo : Matthieu Leman

4 millions d’euros par an investis dans la R & D

Les clients d’Imerys Glomel sont des réfractoristes (fabricants de matériaux réfractaires). Son marché le plus important est celui de l’acier (50 % des ventes), devant celui de la production de ciment, verre et aluminium (30 %), puis de la fonderie et de l’incinération des déchets dangereux (20 %).

Mais Imerys (12 400 collaborateurs, 3,6 Md€ de CA en 2024) cherche à trouver de nouveaux marchés pour son minerai, notamment pour faire face à une demande en acier que des experts estiment stagner jusqu’en 2050. Pour cela, la multinationale parisienne spécialisée dans la production et la transformation des minéraux industriels, investit 4 millions par an dans la R & D liée aux réfractaires. Elle mise notamment sur les fours à hydrogène, dans lesquels l’andalousite permet de limiter l’infiltration du gaz. Et travaille sur la valorisation des co-produits de l’exploitation.

83 entreprises bretonnes sous-traitantes

Imerys Glomel possède sur son site deux usines de broyage : l’une par voie sèche pour le minerai dur, la seconde par voie humide pour le minerai tendre mais qui peut également traiter le minerai dur. Toutes deux fonctionnent en 3x8.

L’entreprise avait investi en avril 2024 dans une usine de traitement de l’eau issu de l’exploitation du site. Un outil qui lui a coûté plus de 6 millions d’euros.

Implantée à Glomel depuis 1970, Imerys estime à 200 les sites industriels approvisionnés par le site costarmoricain et revendique 83 entreprises bretonnes sous-traitantes.

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