Casque de chantier sur la tête, le ministre en charge de l’Industrie et de l’Énergie, Marc Ferracci, a pu visiter lundi 1er septembre la future mine de lithium du groupe parisien Imerys, située à Echassières, dans l’Allier. Le site, aujourd’hui exploité pour son kaolin (argile blanche et friable employée dans la fabrication de la porcelaine) a pour ambition de devenir la première mine de lithium en France et la plus grande en Europe. Elle pourrait répondre à "un tiers des besoins de la France", précise le cabinet du ministre.
200 millions de crédit d’impôt Industrie verte
Avec cette visite de terrain, Marc Ferracci a voulu réaffirmer la stratégie de l’État en matière de souveraineté énergétique, mise en place notamment via la relance de l’activité minière. "Nous avons adopté quatre décrets (publiés la semaine dernière, NDLR) qui modifient notre code minier afin d’accélérer les procédures liées à ce type de projet, mais aussi afin de faciliter le dialogue autour des projets", a indiqué le ministre.
L’État a aussi confirmé que l’entreprise bénéficierait d’un crédit d’impôt Industrie verte de l’ordre de 200 millions d’euros. Le projet d’Imerys dans l’Allier, reconnu "d’intérêt national majeur", devrait produire jusqu’à 34 000 tonnes d’hydroxyde de lithium par an afin de fournir l’industrie des batteries automobiles. De quoi équiper environ 700 000 véhicules électriques.
Recherche de partenaires financiers
Cette visite ministérielle intervient à un moment clé du projet. Fin juillet, Imerys (3,6 Md€ de CA en 2024 ; 12 400 salariés) a annoncé que l’exploitation de sa mine était reportée de deux ans à 2030, en raison notamment de la faiblesse actuelle des cours du lithium. "La décision finale d’investissement devrait intervenir en 2027", a souligné Alan Parte, le responsable des projets lithium d’Imerys qui a aussi rappelé que le coût du projet a été réévalué cet été à 1,8 milliard d’euros (contre 1 milliard), en raison de "l’inflation mais aussi d’investissements pour réduire les impacts environnementaux et sociaux".
En revanche, les résultats des campagnes de forages menés ces derniers mois permettent d’envisager une exploitation sur 50 ans, contre 25 initialement. Imerys recherche désormais un ou plusieurs partenaires financiers. "En priorité des personnes qui ont une expertise industrielle minière. L’idée est de faire une joint-venture pour maximiser nos chances de réussite. Aujourd’hui, nous conditionnions la poursuite de nos projets au fait de trouver ces partenaires, mais nous sommes confiants. Nous avons le quatrième plus grand gisement de lithium au monde", avance Guillaume Delacroix, directeur général des minerais de performance pour Imerys en Europe et Asie.