Puy-de-Dôme
Volvic accélère dans sa transition écologique
Puy-de-Dôme # Agroalimentaire # Grandes Entreprises

Volvic accélère dans sa transition écologique

S'abonner

Après avoir réduit ses consommations énergétiques de 26 % depuis 2017, le site d’embouteillage de Volvic poursuit ses ambitions de performance environnementale. Le géant mondial de l’agroalimentaire Danone, propriétaire de l’usine, annonce le passage intégral aux bouteilles en plastique entièrement recyclé et lance la construction d’une chaudière biomasse, soutenue financièrement par l’Ademe.

Emmanuel Gérardin, directeur de la Société des Eaux de Volvic (SEV) ; Sylvain Waserman, PDG de l’Ademe ; Anne Frackowiak-Jacobs, préfète du Puy-de-Dôme et François Banon, président de la SEV ont posé la première pierre de la chaudière biomasse — Photo : Emilie Valès

En abordant tous les sujets de la transition écologique, Volvic se revendique "à l’avant-garde". C’est le message qu’a fait passer Sylvain Waserman en déplacement le 29 avril dans le Puy-de-Dôme. Le président-directeur général de l’Ademe, l’agence de la transition écologique, était venu poser la première pierre de la future chaudière biomasse du site d’embouteillage du minéralier, propriété de Danone. "Volvic a la responsabilité qui va avec sa notoriété et la qualité de ses produits. Cette responsabilité, c’est moins de carbone, plus de respect des ressources, c’est aussi une approche sur le recyclage", a poursuivi Sylvain Waserman.

3 900 tonnes de CO2 seront évitées par an

La société des Eaux de Volvic (SEV) investit 5,5 millions d’euros dans ce projet de chaudière, avec le soutien de l’Ademe à hauteur de 1,6 million d’euros dans le cadre de France 2030. D’une capacité de 3,6 tonnes heure et 2 400 mégawatts thermiques, l’équipement couvrira les trois quarts des besoins en vapeur du site d’embouteillage des eaux aromatisées (25 % de l’activité de la SEV).

Après 18 mois de chantier, la chaudière devrait être opérationnelle au deuxième trimestre 2027. "Ce sont 3 900 tonnes de CO2 qui seront évitées par an, ce qui correspond à une baisse de 30 % de nos émissions carbone. C’est loin d’être négligeable. Cela permettra de substituer une large part de nos usages de gaz par une énergie renouvelable locale", explique Jérémie Riou, responsable des projets industriels à la SEV.

Énergie renouvelable locale

Cette chaudière sera alimentée à 75 % par des plaquettes forestières locales et à 25 % en broyat de palettes en fin de vie, avec un approvisionnement dans un rayon de 100 kilomètres. "Nous avons opté pour ce modèle de chaudière biomasse, car c’est le plus efficace et le plus facilement accessible en Auvergne", ajoute Jérémie Riou. Lors de l’instruction du projet, la SEV a aussi reçu les conseils techniques de l’Ademe. "Sans l’Ademe, on ne fait pas ce type de projets en deux ans, mais en 5-6 ans. Ça permet d’accélérer et d’aller beaucoup plus vite dans la transition que nous sommes capables de prendre", précise Emmanuel Gérardin, directeur de la SEV.

Le projet sera financé sur fonds propres et devrait être amorti dans les "7 à 8 ans". Emmanuel Gérardin précise qu’il n’est pas guidé par une motivation économique mais bien environnementale, alors que le site a déjà réduit de 26 % ses consommations énergétiques depuis 2017 et qu’il est alimenté depuis 2024 à 100 % en électricité renouvelable.

Neuf ans de travail sur le plastique recyclé

Parmi les autres chevaux de bataille du groupe Danone : le passage aux bouteilles fabriquées intégralement en plastique recyclé. Une démarche lancée il y a neuf ans par le groupe. "Les premières incorporations de PET recyclé ont été faites dans les années 2000, mais le généraliser paraissait presque inimaginable car on ne trouvait pas les quantités de matières premières. À partir de 2016, la donne a changé, la matière devenant de plus en plus disponible", se remémore Emmanuel Gérardin.

Deux millions d’euros sont alors investis, là encore avec le soutien de l’Ademe (547 000 euros), pour équiper le site en silos de stockage dédiés et en premières installations de transformation. Volvic sort sa première bouteille (8 litres) en plastique intégralement recyclé en 2019. "Nous avons continué à faire la transformation, gamme de produits par gamme de produits : le 50 cl d’abord, le 1,5 litre ensuite, de manière progressive. Car cela nécessite de l’apprentissage en termes de compétences, de technologies. Depuis quelques semaines, notre conditionnement est intégralement réalisé avec ce PET recyclé. À la clé : une réduction de l’empreinte carbone de l’ordre de 60 % ", détaille le directeur de la SEV, qui ajoute que l’entreprise a aussi travaillé à diminuer le poids des bouteilles de 15 % (par rapport à 2018) afin d’utiliser moins de plastique.

Une véritable trajectoire de décarbonation

Une démarche proactive, dont se félicite le président-directeur général de l’Ademe, d’autant plus dans le contexte actuel où il est essentiel "de sortir de sa vulnérabilité et de sa dépendance aux énergies fossiles". "Aucune loi n’oblige Volvic à faire ce qu’ils font, ni sur le 100 % plastique recyclé sur leurs bouteilles plastiques, ni sur l’installation d’une chaudière biomasse", indique Sylvain Waserman.

Ces deux réalisations font partie d’une trajectoire de décarbonation plus globale menée par Danone ces dernières années. Elle comprend également la gestion raisonnée de la ressource en eau. La SEV a ainsi réduit ses prélèvements de 13 % depuis 2017, grâce à des investissements importants dans des dispositifs de pilotage et d’optimisation des usages. Elle mise aussi sur le ferroviaire, avec 30 % des volumes expédiés par train, "ce qui évite à peu près plus de 20 000 camions par an sur la route", précise le groupe.

Puy-de-Dôme # Agroalimentaire # Grandes Entreprises # RSE # Investissement industriel