Comment le groupe Aoste réduit sa consommation d’eau
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Comment le groupe Aoste réduit sa consommation d’eau

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Sélectionné par l’État parmi les 50 sites industriels engagés dans une démarche de sobriété hydrique, le groupe de charcuterie Aoste a revu ses process pour économiser l’eau utilisée. 17 millions d’euros ont été investis depuis 2021.

Vincent Rocher, responsable du développement durable du groupe Aoste — Photo : Groupe Aoste

À l’occasion du premier anniversaire du Plan eau, Roland Lescure, ministre délégué chargé de l’industrie et de l’énergie, a annoncé fin mars 2024 la liste des 50 sites industriels engagés dans une démarche de sobriété hydrique et accompagnés par l’État. Parmi eux figure le fabricant isérois de charcuterie Aoste (1 300 salariés, plus de 500 M€ de CA en 2023), aux côtés d’autres entreprises de la région comme Ugitech en Savoie, Kem One et Ciat dans l’Ain, et la société des Eaux de Volvic dans le Puy-de-Dôme.

Créé il y a une cinquantaine d’années, le groupe implanté à Aoste (Isère) détient quatre usines en France dont trois sont situées dans la région, à Aoste (Isère), à Saint-Symphorien-sur-Coise (Rhône) pour sa marque Cochonou, et à Maclas (Loire) pour le snacking avec Justin Bridou. La quatrième, qui produit la marque de chorizo Cesar Moroni, est installée à Albi (Tarn). Sa toute nouvelle gamme de substituts végétaux à la viande, Better Balance est, elle, fabriquée en Espagne.

Circuits fermés plus économes en eau

Pour réduire la consommation d’eau, 17 millions d’euros ont été engagés depuis 2021, dont environ ont été 20 % financés par des aides du dispositif des Certificats d’Economies d’Énergie (CEE) versées à l’époque par le Ministère de l’Environnement.

Le groupe a concentré ses efforts sur l’usine d’Aoste qui représente 85 % de sa consommation d’eau, dont la quasi-totalité est utilisée pour l’étuvage et le séchage des jambons, le cœur de l’activité du site. Pour rappel, l’entreprise achète des pièces de porcs à des abatteurs découpeurs qu’elle transforme.

D’une superficie de 100 000 m2, l’usine se déploie sur plusieurs niveaux, qui abritent notamment ses séchoirs, où les jambons sont entreposés pendant plus de 6 mois à 17 degrés. "Pour maintenir cette température constante, nous devons produire du froid en utilisant des équipements dotés de circuits d’eau. Les nouveaux systèmes en circuit fermé ont l’avantage de fonctionner avec un volume d’eau réutilisable", explique Vincent Rocher, responsable du développement durable du groupe Aoste. Ce qui limite très fortement la quantité d’eau à injecter dans les systèmes de refroidissement.

Les consommations du poste "nettoyage" ont également été réduites grâce à "de nouvelles buses de nettoyage plus efficientes, qui permettent de laver les mêmes surfaces avec le même niveau de sécurité sanitaire tout en utilisant moins d’eau".

Plus de 2 millions de m3 d’eau économisés

Entre 2021 et fin 2023, les prélèvements ont été réduits de 65 % grâce au renouvellement quasi complet du système de production de froid qui fonctionne désormais en circuit fermé. Résultat, la consommation qui s’élevait à 3,5 millions de mètres cubes d’eau en 2021 est passée à 1,25 million de mètres cubes l’année dernière. De quoi réduire les pompages dans des nappes phréatiques "régulièrement contrôlées et qui ne sont pas en stress hydrique", assure-t-il.

L’entreprise s’est également dotée d’outils de pompage plus efficaces et moins énergivores. Au passage, "nous avons réduit de 22 % nos émissions carbone sur les scopes 1 et 2", ajoute Vincent Rocher. Dans le même temps, pour "quelques centaines de milliers d’euros, les systèmes de compression de froid des autres sites ont eux aussi été remplacés et assortis d’outils de suivi des consommations, comme dans notre usine d’Aoste", détaille-t-il.

Une nouvelle réduction de consommation de 20% espérée d'ici 2026

La consommation d’eau devrait encore être réduite de 20 % d’ici fin 2026, grâce à l’équipement de petits ateliers de tranchage du site d’Aoste. Ensuite, sujet plus délicat, il faudrait s’attaquer à l’amont de la filière, celle de l’élevage, dont les consommations sont à plus de 90 % liées aux besoins d’abreuvement des animaux.

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