Venu présenter les 150 grands projets industriels retenus par l’État, le président de la République est resté plus d’une heure, ce mercredi, sur le site d’Imerys dans l’Allier. Cette visite d’Emmanuel Macron à l’emplacement de la future mine de lithium se voulait l’incarnation de sa politique de réindustrialisation.
Casque bleu et chasuble orange, le chef de l’État a souligné l’importance stratégique du site, quatrième plus gros gisement mondial de minerais de lithium. "Notre objectif est de produire environ 1,8 million de batteries électriques par an. Ça veut dire que la moitié de ce qu’on doit produire pour ces batteries, on le sécurise avec ceci", a déclaré le chef de l’État, entouré de deux engins miniers et d’un drapeau tricolore battant au vent.
700 000 voitures électriques à équiper
Le projet EMILI, porté par Imerys, doit en effet permettre de produire, dès 2030, 34 000 tonnes d’hydroxyde de lithium par an, afin d’équiper 700 000 voitures électriques. Reconnu "d’intérêt national majeur" depuis juillet 2024, ce projet est à ce stade le "plus avancé en Europe sur un métal critique", rappelle l’Élysée. Un enjeu de souveraineté et d’indépendance donc, alors que l’Europe et la France veulent relancer l’extraction et la transformation de certains minerais essentiels, dont le lithium.
La Banque des Territoires (pour le compte de l’État) est d’ailleurs entrée mi-février au capital du projet d’Imerys à travers l’acquisition d’une participation minoritaire. Cet investissement de 50 millions d’euros doit sécuriser la suite du développement du projet.
Accélération des projets
Installé pour son discours au cœur de l’actuelle carrière de kaolin d’Échassières, le chef de l’État a érigé la future mine en symbole des grands projets qu’il faut accélérer, selon la "méthode Notre-Dame". "C’est-à-dire un projet identifié, une chaîne de commandement claire, des gens à qui on rend compte, et des délais records qu’on doit tenir", a précisé Emmanuel Macron, s’agaçant : "Rien ne justifie que nous soyons une nation qui sait faire en cinq ans la reconstruction de Notre-Dame" et qui "parfois met plus de cinq ans à faire un projet industriel ou à faire un poulailler".
Le président entend notamment s’appuyer sur la loi de simplification adoptée la semaine dernière au Parlement et sur un décret contentieux. Ce texte, publié ce mercredi, prévoit que face aux recours qui "freinent" les chantiers, les contentieux soient traités au niveau de la Cour administrative d’appel et non plus des tribunaux administratifs."On saute un échelon de recours. Cela va permettre de gagner un an sur les délais", a précisé Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l’Industrie en marge du déplacement du président.