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Reden ferme son usine de panneaux photovoltaïques
Agen # Production et distribution d'énergie # Suppressions d'emplois

Reden ferme son usine de panneaux photovoltaïques

Le producteur d’énergie solaire Reden cesse son activité de production de panneaux photovoltaïques. L’usine de Roquefort en banlieue d’Agen va fermer. Le groupe y avait pourtant investi 4,5 millions d’euros, inaugurant de nouveaux équipements en 2024. En cause : un déficit persistant et des écarts de prix structurels irrattrapables avec la concurrence asiatique.

— Photo : Romain Béteille

Reden Industrie est une filiale historique de Reden. Cette usine de production de panneaux photovoltaïques, la seule du groupe, a ouvert ses portes en 2009, un an après la création de l’entreprise à Roquefort, en banlieue d’Agen. Elle les fermera 27 ans plus tard.

À sa création, le producteur d’énergie solaire espérait produire ses propres panneaux pour équiper les centrales qu’il déploie en France et désormais ailleurs dans le monde. Mais ce qui était censé être une force est devenu un frein : "les écarts de prix sont structurels avec les produits venus d’Asie, au point de rendre nos projets non compétitifs si on continue", explique l’entreprise. Décision a donc été prise de cesser l’activité. "Une décision difficile mais responsable", justifie Reden, au regard d’un "déficit économique persistant".

Une nouvelle ligne de production à 4,5 millions d’euros

Reden y fondait pourtant beaucoup d’espoir il y a encore trois ans. "En 2022 notre ligne d’alors nous a semblé obsolète. Nous avons investi 4,5 millions d’euros dans l’usine pour la doter de technologies nouvelles dans un marché qu’on espérait plus soutenu". Le site industriel a notamment contribué à développer l’activité agrivoltaïque. La nouvelle ligne inaugurée en grande pompe il y a deux ans offrait une capacité maximale de fabrication de 300 000 panneaux par an, qui n’aura jamais été expérimentée.

Inaugurée fin novembre 2024, l'usine Reden dispose d'une capacité de production annuelle de 300 000 panneaux solaires — Photo : Romain Béteille

Manque de soutien des politiques

Mais le soutien n’est pas venu, ni de l’Europe ni de la France. Le Pacte solaire présenté en avril 2024 par Bruno Lemaire alors ministre de l’Économie exhortait les développeurs à acheter français, mais sans obligation ni contrainte. "Aucun impact", selon Reden. Le Net Zero Industry Act adopté en Europe en juin 2024 et renforcé en 2025, qui vise à limiter les importations dans le secteur au profit de sources européennes, ne semble pas suffire non plus, du moins pour l’instant. La dernière programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE3), qui divise les ambitions solaires par trois, n'aide pas à dynamiser le marché.

Preuve en est l’abandon en mai dernier du projet de giga-usine de Carbon à Fos-sur-Mer, qui s'ajoute à des fermetures de sites ces dernières années.

Reden a tenté un temps de céder sa ligne, sans succès. Il ne reste donc plus que deux usines française de panneaux solaires : Voltec Solar, en Alsace (120 collaborateurs ; 25,70 M€ de CA en 2024) et le savoyard Heliup (3,5 M€ de CA 2025) qui a levé 16 millions d'euros début 2026 avec de grandes ambitions.

Reden poursuit le déploiement de ses centrales

Les neuf salariés de l’usine — dont certains en poste depuis ses débuts — vont se voir proposer des accompagnements ou reclassements. La nouvelle a été annoncée aux équipes mardi 7 juillet.

Néanmoins, "cela ne remet pas en cause le reste des activités de Reden", assure le groupe. La très large partie de ses revenus est issue du déploiement de ses centrales. Reden a récemment refinancé sa dette à hauteur de 1,1 milliard d’euros pour soutenir son développement. Plus de 120 salariés demeurent à Roquefort, le siège social, sur les 275 du groupe.

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