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En Mayenne, l’électricité produite par Serap Industries réduira la facture de ses salariés
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En Mayenne, l’électricité produite par Serap Industries réduira la facture de ses salariés

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Le fabricant de cuves en inox a donné une dimension collective à son projet de centrale photovoltaïque : un réseau local alimenté par l’électricité produite pourra relier les habitations de salariés et retraités du groupe.

Serap Industries a installé une centrale photovoltaïque au pied de son usine de Gorron : ses salariés habitant dans un rayon de dix kilomètres pourront profiter de cette énergie produite sur leur lieu de travail pour réduire la facture à leur domicile — Photo : Serap Industries

Serap a voulu jouer collectif. Installé dans le bocage mayennais, le fabricant de cuves en inox vient de proposer à ses salariés, et aux retraités du groupe pendant dix ans, de se raccorder à son énergie. Ou plutôt, d’intégrer le groupe d’habitants qui recevra l’électricité produite aux pieds de son usine de Gorron à partir de décembre. "Cela aurait été plus simple de proposer à un industriel voisin de racheter le surplus d’électricité que nous produirons ou de tout revendre à EDF. Mais nous avons voulu faire profiter nos salariés d’une énergie locale", explique Arnaud Duchatelet, directeur financier et RH du groupe mayennais (53 M€ de CA).

Une production annuelle équivalente à 650 000 kWh

En plus de décarboner son activité, la fourniture de cette électricité locale va venir suppléer le réseau national avec des tarifs plus stables (avec un contrat long terme) et concurrentiels. En clair, moins l’usine consomme, plus les foyers raccordés à la boucle locale alimentée par Serap en profitent. Ce sera notamment le cas les week-ends, lorsque l’usine est fermée.

"Nous avons installé 1 300 panneaux photovoltaïques, soit 5 500 m2 au sol sur une parcelle que nous mettions à disposition d’un éleveur de moutons — les moutons broutent désormais entre les panneaux. Notre production annuelle sera équivalente à 650 000 kWh, ce qui représente à peu près la moitié des besoins de consommation du site. Nous autoconsommerons en moyenne la moitié. Le surplus sera revendu à EDF ou via la boucle locale d’autoconsommation. En journée, les membres de la boucle locale pourront ainsi profiter d’un tarif d’électricité à heure creuse, sans frais d’abonnement", détaille Arnaud Duchatelet.

Des foyers dans un rayon de dix kilomètres

Tout le surplus électrique ne sera donc pas consommé sur Gorron. L’équivalent d’un quart de la production électrique sera revendu à EDF et ventilé à sa guise : une équation qui permet la meilleure rentabilité de l’installation, a calculé Arnaud Duchatelet. Serap Industries a investi environ 550 000 euros dans sa centrale photovoltaïque. L’industriel s’est appuyé sur un expert d’Enercoop Pays de la Loire pour valider les opérations de rentabilité et la gestion des différentes facturations.

Augmenter le pouvoir d'achat des salariés

Dans un premier temps, seuls les consommateurs situés dans un rayon d’un kilomètre autour de l’usine pourront en profiter. Une fois l’obtention d’une dérogation relative au périmètre des boucles locales, le rayon s’étendra à dix kilomètres à la ronde. "95 % des salariés qui habitent dans cette zone sont intéressés", indique Arnaud Duchatelet. Pour l’employeur, c’est aussi une façon d’améliorer son attractivité, en participant à augmenter le pouvoir d’achat des collaborateurs. "C’est aussi un peu leur entreprise…" souligne le Daf. 35 % du capital de Serap est en effet détenu par les salariés, au nombre de 250 en France.

Une seconde entreprise dans la boucle

Décarboner son activité et réduire les factures des voisins oui, mais seulement au profit des employés. Il n’est ainsi pas prévu d’en faire profiter les personnes extérieures à l’entreprise. Une vision partagée par la seconde entreprise gorronaise qui sera incluse dans la boucle en 2025. Car Arnaud Duchatelet le reconnaît, l’idée n’est pas venue seule : Maine Ateliers prévoit aussi d’installer des panneaux photovoltaïques dans l’optique de "brancher" tous ses salariés. La Scop d’insertion fait travailler environ 135 personnes en situation de handicap ou éloignés de l’emploi, et quelques techniciens et cadres, œuvrant dans la confection, les espaces verts ou encore la sous-traitance industrielle.

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