À Châteaugiron, en Ille-et-Vilaine, la Crêperie Colas fait tourner ses billigs à longueur de journée pour confectionner crêpes et galettes, ainsi que de petites pâtisseries bretonnes. Une activité qui nécessite une grande quantité d’énergie pour chauffer le matériel et assurer une production qui génère entre 6 et 7 millions d’euros de chiffre d’affaires. Le dirigeant de cette PME de 54 collaborateurs, Christophe Denis, utilise du gaz, mais aussi de l’électricité. "Depuis le Covid, nous avons beaucoup souffert des prix de l’énergie, témoigne-t-il. Lors du pic de 2023, nous sommes passés de 100 000 à 250 000 euros sur l’électricité. Sans compter une facture qui a doublé sur le gaz, passant de 200 000 euros à 400 000 euros." Des charges intenables. "Nous avons été dans le rouge pendant deux ans", confie le dirigeant, qui a donc pris des mesures drastiques pour s’en sortir.
Passer à des contrats courts
Face au prix de l’électricité, il a d’abord fait le choix de louer un groupe électrogène. "Il fonctionnait au gasoil, c’était moins cher !" Ensuite, il a revu ses contrats avec son fournisseur l’électricité. "Avant 2022, je payais 28 à 30 euros par kilowattheure. C’est passé cette année-là à 200 euros, précise Christophe Denis. Mais j’étais coincé par un contrat de trois ans. À sa date anniversaire, en mars 2022, j’ai trouvé un autre opérateur, qui proposait des contrats d’un an. C’est ainsi que j’ai pu réduire les coûts de 200 à 145 puis à 80 euros. Sans cela, l’entreprise était en danger." Il s’est, depuis, séparé de son groupe électrogène. En complément, il a abandonné le gaz de ville pour installer une bonbonne de propane, moins taxée, sur son parking.
Investissements pour réduire la consommation
Mais, en parallèle de ces contrats d’électricité plus courts, le dirigeant a fait aussi des efforts côté consommation. Il a remplacé tous ses éclairages par des leds et installé des détecteurs de présence pour n’utiliser la lumière que lorsque c’est nécessaire. Coût de l’investissement : 10 000 euros.
"Je réfléchis aussi à faire installer des panneaux solaires. Le problème c’est de réussir à en trouver des légers, car la structure du bâtiment n’est pas adaptée pour accueillir des panneaux classiques", explique Christophe Denis. Et il n’a pas, pour l’instant, la capacité de réaliser de coûteux travaux de charpente qui permettrait d’en supporter le poids…
Réorganiser la production de 3x8 en 2x8
Enfin, afin de réduire encore sa facture, l’industriel de la crêpe a dû réduire ses marchés. Lui qui distribue ses produits à 55 % en GMS, le reste en restauration collective ou réseaux de distribution (comme Total Ouest...), a arrêté de répondre à la demande de certains clients dans la grande distribution car pas assez rentables au vu des charges. Il a ainsi pu faire passer ses plannings de 3x8 en 2x8. "Nous n’avons pas réembauché de nouveaux collaborateurs car l’énergie était devenue tellement chère, ajoutée aux hausses de matières premières et des salaires, que cela ne valait pas le coup", ajoute encore le dirigeant de la Crêperie Colas.