Le groupe américain Ecolab (48 000 salariés, CA : 16 Md$) profite du sommet Choose France pour acter son entrée au capital de la société HoloSolis, qui porte le projet d’une des plus grandes usines de panneaux photovoltaïques d’Europe, à Hambach, en Moselle.
Pour 850 millions d’euros, dont 220 millions déjà sécurisés, la future gigafactory d’Holosolis devrait créer environ 2 000 emplois directs, pour une capacité de production annuelle de 5 GW. Soit l’équivalent de la fabrication d’environ 10 millions de modules photovoltaïques par an.
Si le groupe Ecolab a communiqué sur une enveloppe globale de 100 millions d’euros, partagée entre le fabricant mosellan de panneaux solaires et le projet GravitHy à Fos-sur-Mer dans les Bouches du Rhônes, projet visant à produire 2 millions de tonnes de fer bas-carbone par an, grâce à l’utilisation d’hydrogène, la répartition exacte de l’enveloppe n’a pas été dévoilée.
Une levée de fonds bouclée cet été
Pour HoloSolis, cette opération s’inscrit en amont d’une levée de fonds, dont le closing devrait intervenir avant l’été. La start-up industrielle mosellane finalise actuellement un tour de table pour un montant compris "entre 15 et 20 millions d’euros", précise Vincent Delporte, le responsable des affaires publiques d’Holosolis.
L’entrée d’Ecolab au capital d’Holosolis doit donc s’accompagner de l’arrivée d’autres partenaires financiers. "Nous dévoilerons l’ensemble des nouveaux actionnaires cet été", précise Vincent Delporte.
Au-delà de l’apport en capital, Ecolab se positionne comme un "potentiel fournisseur" de l’usine de panneaux photovoltaïques mosellane. Se présentant comme un "expert de l’eau", le groupe américain commercialise des solutions de nettoyage, de désinfection et de traitement de l’eau pour les industriels et les institutionnels, comme les hôpitaux. Cependant, l’attribution des futurs contrats industriels reste soumise aux règles de la concurrence : "Devenir fournisseur n’est pas une condition liée à l’investissement, ça serait illégal", rappelle prudemment Vincent Delporte.
"Quasiment zéro polluant" dans la Sarre
L’expertise d’Ecolab dans le traitement de l’eau intéresse HoloSolis. Car la future usine d’Hambach, dont la mise en service est programmée pour 2028, fait face à un défi environnemental de taille. Alors que l’assemblage final des modules photovoltaïques consomme peu d’eau, la fabrication amont des cellules s’apparente à de la microélectronique, nécessitant de graver le silicium dans "des bains chimiques successifs" avec "des acides et des solutions polluantes", précise le responsable des affaires publiques d’Holosolis.
Or, le site doit rejeter ses eaux traitées dans la Sarre, une rivière "déjà très polluée" du fait notamment de la présence de nombreux industriels sur les bords du fleuve. Lors de l’enquête publique, la question de la ressource en eau est devenue un sujet "quasiment d’acceptabilité du projet au niveau local", rappelle Vincent Delporte.
Un travail pour réduire de 20 % les besoins en eau
Pour obtenir le feu vert des services de l’État, HoloSolis a dû revoir sa copie et renforcer ses capacités à rejeter une eau propre : "Il faut que notre apport en polluants soit vraiment minimum", insiste Vincent Delporte. La future station d’épuration intégrée devra être "extrêmement performante" et viser "quasiment zéro polluant". Si l’objectif est d’opérer en "quasi-boucle fermée", le besoin en eau de l’usine était initialement évalué à 300 m3 par heure, quantité utilisée pour rincer les produits dans le process de fabrication. "Nous avons déjà réussi à réduire ce besoin de plus de 10 %", assurait en 2025 le président d’Holosolis. Tout en affirmant que l’attention portée au recyclage des eaux de process ou encore l’achat d’équipements de fabrication économes en eau devraient permettre d’abaisser d’au moins 20 % la consommation d’eau du site.