Maintenant, il faut exécuter. C’est en substance le message de Bertrand Lecacheux, nouveau président d’Holosolis, installé depuis fin mars à la barre du projet de gigafactory de panneaux photovoltaïques à 850 millions d’euros, qui doit sortir de terre à Hambach, en Moselle. Bertrand Lecacheux succède à Jan Jacob Boom Wichers, qui incarnait le projet depuis son lancement, en mai 2023, à l’occasion du Sommet Choose France : "La transition s’est faite en bonne intelligence et dans la continuité. C’est une transition qui était préparée en interne", assure le président d’Holosolis. "M. Boom Wichers a été très bon pour créer l’image d’Holosolis, communiquer sur le projet, incarner une vision forte. Maintenant, il nous accompagne comme conseil."
"Rendre tangibles les ambitions"
En début d’année, Holosolis a obtenu le permis de construire et l’autorisation environnementale pour son usine de 180 000 m2, qui devra être capable de produire, fin 2026 ou début 2027, 10 millions de panneaux photovoltaïques par an. Deux passages obligés d’ordre administratifs qui marquent l’entrée dans une "phase plus opérationnelle", souligne Bertrand Lecacheux : "Il va falloir désormais concrétiser, rendre tangibles nos ambitions pour le projet".
Une expérience solide dans l’industrialisation de projets
Diplômé de l’École Centrale de Lyon, le nouveau président d’Holosolis s’appuie sur 30 années d’expérience dans l’industrie et a commencé sa carrière chez Pechiney, où il a occupé différents postes possibles, de la ligne de fabrication jusqu’à la direction d’usine. Sept ans chez le leader mondial des gaz Air Liquide et six ans chez l'équipementier automobile Valeo lui ont permis de consolider son expérience dans la gestion de projets, avec notamment le "développement de l’électrification" pour l’équipementier automobile, pour lequel le dirigeant a été amené à industrialiser la production de réducteurs pour les voitures électriques.
L’enjeu des prochaines années
"Du fait de mon expérience industrielle, c’est quelque chose que j’aime faire", assure Bertrand Lecacheux. "Mener un projet comme celui-ci, gérer la complexité d’un planning, puis faire en sorte que le projet se réalise dans le budget prévu, le plus vite possible". Et c’est en effet l’enjeu des prochains mois et des prochaines années : construire l’usine, démarrer la production, et assurer la montée en cadence de l’outil de production.
Une levée de fonds en deux phases
Pour couvrir les besoins en financement, l’équipe d’Holosolis s’apprête à boucler une levée de fonds, pour une quinzaine de millions d’euros. La clôture de l’opération se fera en deux phases, les discussions juridiques arrivant presque à leurs termes : "Il y a des investisseurs qui sont rentrés en obligation convertible, notamment des futurs clients de l’entreprise, et là, nous sommes avec principalement des investisseurs qui rentrent en equity, donc en prise de capital", détaille le président d’Holosolis.
Consulter les entreprises au plus juste
En 2025, l’équipe d’Holosolis, soit une quinzaine de personnes actuellement, sera concentrée sur la réalisation d’un jumeau numérique de l’usine de 180 000 m2. "L’an dernier, nous avons finalisé un avant-projet sommaire, qui nous a permis de déposer le dossier pour le permis de construire et la demande d’autorisation environnementale", rappelle Bertrand Lecacheux. Désormais, l’enjeu est d’affiner le projet : "La taille des bâtiments, les hauteurs des bâtiments, le détail de l’implantation des lignes de fabrication, des transferts entre machines… Nous rentrons vraiment dans du détail, et nous nous appuyons sur des outils pour simuler la circulation des produits à l’intérieur de l’usine, vérifier qu’il n’y a pas de bouchon à certains endroits, que nous disposons de suffisamment d’espace pour stocker les produits", détaille le président d’Holosolis. Une fois ce jumeau numérique finalisé, l’équipe d’Holosolis pourra consulter les entreprises avec pour objectif de sélectionner des fournisseurs. Et plus le travail préparatoire aura été mené finement, moins le chantier prendra de retard.
Déjà des accords avec RTE
Concernant les besoins en électricité, une proposition technique et financière a déjà été signée avec RTE, le transporteur d’électricité. Le besoin final en électricité de la gigafactory est estimé à 80 MW : "Nous avons déjà de l’électricité sur site, soit 24 MW, mais pour la deuxième et la troisième tranche de capacité, nous aurons besoin d’un apport supplémentaire de la part de RTE. Mais nous serons même en avance par rapport à notre besoin", assure Bertrand Lecacheux.
Une attention particulière à la consommation d’eau
Autre sujet, la consommation d’eau : d’autres projets de gigafactory de production de panneaux photovoltaïques évaluaient le besoin à 300 m3 par heure, quantité utilisée pour rincer les produits dans le process de fabrication. "Nous avons déjà réussi à réduire ce besoin de plus de 10 %", assure le président d’Holosolis, en affirmant que l’attention portée au recyclage des eaux de process ou encore l’achat d’équipements de fabrication économes en eau devraient permettre d’abaisser d’au moins 20 % la consommation d’eau du site.