Les détails de l’accord resteront secrets. "Il y a des aspects confidentiels", tranche Bertrand Lecacheux, le PDG du fabricant français de panneaux photovoltaïques Holosolis, basé à Sarreguemines en Moselle : "Ce qui est certain, c’est que nous avons désormais accès au portefeuille de brevets TOPCon de Trina Solar, pour produire en Europe".
Une capacité annuelle de 5 GW
TOPCon, pour Tunnel Oxide Passivated Contact, soit la technologie choisie par l’équipe d’Holosolis pour fabriquer les 10 millions de panneaux photovoltaïques qui sortiront chaque année de la gigafactory d’Hambach, en Moselle. Dès la fin de 2026 ou au plus tard début 2027, l’usine de 180 000 m² va entrer en service, nécessitant de créer près de 2 000 emplois, pour atteindre une capacité de 5 GW annuelle.
"Le meilleur compromis entre la maturité industrielle, l’efficacité du produit et le coût de revient."
"Nous avons choisi la technologie TOPCon, parce que cela nous semble être aujourd’hui le meilleur compromis entre la maturité industrielle, l’efficacité du produit et le coût de revient", précise Bertrand Lecacheux. "Et nous ne sommes pas les seuls à le penser, puisque 80 % du marché en Asie est aujourd’hui en TOPCon." Au niveau mondial, trois acteurs, tous chinois, détiennent les brevets liés à cette technologie permettant de produire des panneaux photovoltaïques plus durables, affichant un meilleur rendement et une bonne capacité à résister à la chaleur.
Un pied sur le marché européen sans délocaliser
Entreprise cotée sur les Bourses de Shanghai et de New York, le groupe chinois Trina Solar pèse plus de 8 milliards d’euros de chiffre d’affaires. "C’est un projet important pour eux", constate le PDG d’Holosolis. "Le fait de pouvoir s’associer à de la fabrication de panneaux photovoltaïques en Europe est stratégique." Une stratégie qui pourra être déclinée au-delà de l’accord de licence : "Cet accord est bien plus qu’une licence", confirme Gonzalo de la Viña, président pour l’Europe de Trina Solar. "En mettant à disposition une technologie éprouvée et performante, Trinasolar contribue activement à la construction d’un écosystème photovoltaïque européen plus fort et plus résilient."
Des lettres d’intention pour 20 GW
Pour Bertrand Lecacheux, les échanges fructueux avec les équipes de Trina Solar devraient se poursuivre autour de la conception de l’usine. "C’est un leader mondial. Et l’avis technique d’un partenaire de cette dimension sur la conception de l’usine ou de notre organisation de production nous permettrait de rendre encore plus sûr le démarrage et la montée en puissance de l’usine." Démarrage qui se voit conforter par des lettres d’intention de commandes : "Quand on additionne les montants contenus dans ces lettres d’intention, avec les clients français et européens, nous arrivons à un niveau de 20 GW", se félicite Bertrand Lecacheux. Avec une gigafactory affichant à plein régime une capacité prévue de 5 GW par an, les équipes d’Holosolis pourraient donc, si les intentions se transforment en commandes, avoir du travail pour près de 5 ans dès le lancement de l’usine.
Des financements qui deviennent "consistants"
Autre signal encourageant, les financements rassemblés : en additionnant les subventions publiques, que ce soit des avances sur dépenses ou des remboursements, aux financements privés, Bertrand Lecacheux arrive à un total de 200 millions d’euros. "L’enveloppe commence à être consistante et nous donne confiance dans l’avenir et dans les perspectives du projet", indique le dirigeant d’Holosolis. Soucieux de rester discret sur la levée de fonds en cours, Bertrand Lecacheux consent à préciser que le closing pourrait intervenir avant la fin de l’année.