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Vencorex : le projet de reprise de la plateforme de chimie de Pont de Claix par Exalia déposé au tribunal de Lyon
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Vencorex : le projet de reprise de la plateforme de chimie de Pont de Claix par Exalia déposé au tribunal de Lyon

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Les porteurs du projet de reprise de la plateforme de chimie de Pont de Claix ont déposé leur dossier auprès du tribunal de commerce de Lyon et attendent désormais le feu vert du juge d’ici au début de l’année prochaine. Le ministre de l’Industrie Sébastien Martin, en visite sur le site grenoblois, se dit très favorable au projet.

La plateforme de chimie de Vencorex à Pont de Claix — Photo : Marie-Amélie Mine

Le projet de reprise de la plateforme de chimie de Pont de Claix Exalia a été déposé ce vendredi 28 novembre au tribunal de commerce de Lyon.

Il est porté par des acteurs locaux grenoblois, dont d’anciens salariés et l’entrepreneur grenoblois Olivier Six, PDG du groupe industriel Orio Industrie, qui détient la PME de chaudronnerie CIC Orio et l’entreprise de produits outdoor GTECH.

250 emplois dès 2027

Le projet vise à reprendre une partie des actifs du chimiste Vencorex, dont l’essentiel de l’activité a été liquidé. Exalia prévoit de recentrer l’activité du site sur la production de sel et de chlore avec un objectif très ambitieux de transformation de la plateforme chimique de Pont-de-Claix en une pionnière de la chimie verte et décarbonée. Les porteurs du projet tablent sur une reprise de l’activité avec 250 emplois à l’horizon 2027, et près d’un millier d’ici à 10 ans. Le jugement est attendu d’ici au début de l’année prochaine.

L’État soutiendra le projet si le tribunal valide la reprise

Hasard de calendrier ou pas, le ministre délégué auprès du ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle chargé de l’Industrie, Sébastien Martin, était justement à Grenoble pour visiter le site de Teisseire, actuellement en quête d’un repreneur. Il s’est aussi rendu sur la plateforme de Pont de Claix et s’est montré très positif sur le projet Exalia : "Nous percevons désormais un avenir pour ce site. Du côté de l’État, les freins qui pouvaient exister ont tous été levés, il appartient désormais à la justice de trancher définitivement sur la capacité à ce que ce projet voit le jour, mais je crois que nous pouvons être raisonnablement optimistes", a déclaré le ministre à l’issue de la visite de la plateforme. Sébastien Martin a par ailleurs affirmé que l’État pourrait soutenir le projet financièrement : "Il existe des dispositifs qui pourront être apportés pour que l’État contribue au projet, mais il faudra tout d’abord qu’un budget soit adopté", a-t-il ajouté. L’État pourrait apporter des financements par le biais d’appels à projet dans le cadre de France 2030 et d’aides de l’Ademe notamment.

Une équipe projet déjà en place

"Nous n’allons pas attendre la décision du tribunal, car nous sommes convaincus qu'elle sera positive. La création d’Exalia se fera début janvier 2026. L’équipe projet a déjà été recrutée et les équipes complètes devraient être en place autour de l’été 2027", a affirmé pour sa part Séverine Dejoux, ancienne déléguée syndicale de Vencorex et porteuse du projet Exalia.

"Grâce à ce que nous allons produire ici, de l’acide chloridrique, de la soude et du chlore liquide, nous allons pouvoir redonner une souveraineté à notre région et notre pays tout en recréant de l’emploi", a affirmé pour sa part Olivier Six. "Ces produits sont en effet fondamentaux dans la chimie, dans la sidérurgie, dans la papeterie, dans le traitement de l’eau ou dans l’agroalimentaire", poursuit l’entrepreneur. Or, avec l’arrêt de la plateforme de Pont de Claix, aucun n’est plus fabriqué à moins de 600 kilomètres. "Il n’y a donc plus de production en Auvergne-Rhône-Alpes et les industriels doivent désormais importer ces produits".

Un projet à 80 millions d’euros

Le coût total des investissements pour relancer et verdir la plateforme représente un montant de 80 millions d’euros, financé pour moitié par des investisseurs privés. La métropole de Grenoble a déjà annoncé qu’elle soutiendrait le projet à hauteur de 3 millions d’euros sous forme d’avances remboursables et sous réserve d’autres financements publics. "À ce jour, les financements sont consolidés, il ne s’agit que d’engagements, car nous n’existons pas encore", a précisé Olivier Six. "Mais quand tout le monde aura transformé ses engagements en réalité, nous aurons largement de quoi bien redémarrer la plateforme".

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