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Comment les salariés de Caramba ont repris leur entreprise en Scop
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Comment les salariés de Caramba ont repris leur entreprise en Scop

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Installée à Saint-Genest-Lerpt, près de Saint-Étienne, l’agence de communication Caramba (ex-GN Partner) a été reprise en mai 2018 par ses salariés. Une reprise sous un format Scop qui lui a notamment permis de traverser plus sereinement la crise sanitaire de 2020.

A droite, Pierre-Albert Gouttefangeas en compagnie de l'équipe de l'agence de communication Caramba — Photo : DR

Transmettre son entreprise à ses salariés. C’est le choix qu’a fait Pierre Guichard en cédant en mai 2018, pour des raisons de santé, son agence de communication globale GN Partner à 5 des 9 salariés de son entreprise.

Pour reprendre ladite entreprise, rebaptisée Caramba, les 5 salariés en question se sont très vite orientés vers la création d’une Société Coopérative et Participative (Scop). "C’est la personne qui gérait les affaires de Pierre Guichard qui nous a présenté ce format qui nous a tout de suite paru être la meilleure option dans la mesure où l’on gérait déjà tous notre propre portefeuille de clients. On souhaitait s’appuyer réellement sur les compétences de chacun. Avec la Scop, tous les associés, quel que soit le montant de leur investissement dans le capital de l’entreprise, ont le même poids décisionnel avec une voix", relate Pierre-Albert Gouttefangeas, l’un des 5 associés de l’époque, qui a pris depuis la gérance de la Scop.

La Scop, un format sécurisant

Pour les 5 associés, format Scop est sécurisant. "L’intérêt pour nous qui n’avions aucune expérience de chef d’entreprise, c’est que nous n’avions pas besoin de mettre notre maison en gage pour apporter des fonds et si l’entreprise était amenée à péricliter nous n’engagions pas nos biens personnels (c’est que permet la scop)", argumente le dirigeant de l’entreprise.

Autre avantage de la Scop, le fait que l’ensemble des associés bénéficient du statut salarié. "Cela nous a permis de limiter la casse quand le Covid est arrivé en mars 2020 et que nous avons tous pu bénéficier du chômage partiel durant l’arrêt d’activité de l’agence", se rappelle Pierre-Albert Gouttefangeas.

110 000 euros de capital et 270 000 euros levés

Pour boucler cette opération de reprise en Scop, les 5 associés ont apporté 110 000 euros au capital. Un montant qui leur a permis de lever par effet de levier 270 000 euros d’emprunt. "Cette levée de fonds a été rendue possible grâce à l’Union régionale des Scop Auvergne-Rhône-Alpes (Urscop) qui nous a accompagnés pour monter notre dossier et le présenter aux organismes financiers avec lesquels elle travaille", relate le dirigeant.

Parmi ces organismes, on trouve Transmea, une société de capital-investissement dédiée à la reprise d’entreprises par des salariés. On trouve aussi France Active, le mouvement des entrepreneurs engagés, Socoden, un établissement qui finance la création et le développement des Scop, ou encore le Crédit Coopératif, la banque qui finance les projets engagés. "Chaque organisme est ultra-dépendant des autres. Socoden n’intervient que si France Active y va. Idem pour le Crédit Coopératif", confie Pierre-Albert Gouffefangeas.

Trois mois de préparation

Primordial, le montage du dossier a été grandement facilité par l’accompagnement de l’Urscop Auvergne-Rhône-Alpes. "L’Urscop a été un facilitateur en nous fournissant des matrices qui nous ont aidées à monter et structurer notre dossier. C’est allé assez vite. Entre les premières réunions et la reprise effective, il s’est passé trois mois", indique le dirigeant.

Trois mois au cours desquels, les 5 associés de Caramba se sont attelés à monter un bilan prévisionnel et surtout à écrire le futur de l’entreprise avant de soutenir leur dossier devant chacun des organismes prêteurs. "Nous avons rédigé l’avenir de l’entreprise en détaillant toutes les phases de notre stratégie, relate Pierre-Albert Gouttefangeas. Nous sommes ensuite passés devant des commissions qui ont analysé notre dossier pour dire si le projet était viable et si les personnes qu’ils avaient en face d’eux leur paraissaient saines et compétentes pour mener une démarche en adéquation avec leurs propres valeurs."

"Une reprise réussie"

Au terme de ce processus, les 5 associés de Caramba ont obtenu le feu vert et les fonds nécessaires pour boucler cette opération de reprise et assurer la continuité de l’activité. "Contrairement à beaucoup de reprises en Scop, la nôtre ne s’est pas faite à la barre du Tribunal de commerce. La société était saine, les clients n’ont pas eu d’appréhension et non pas senti la différence car nous étions déjà en lien direct avec eux", précise le dirigeant.

De manière naturelle, Caramba a vu ses effectifs se réduire au fil du temps avec des départs non remplacés pour atteindre aujourd’hui 6 salariés dont 4 associés et un chiffre d’affaires de 1,3 million d’euros (contre 1,5 million d’euros lors de son premier exercice et lors des exercices ante-reprise). "C’est une reprise réussie. Nous avons terminé l’an passé de rembourser nos emprunts, la gouvernance partagée continue de fonctionner avec des décisions stratégiques prises de manière collégiale. Le seul regret que l’on peut avoir, c’est cette période Covid qui a entamé nos capitaux propres et nous a un peu abîmés moralement", conclut Pierre-Albert Gouttefangeas.

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