Le rythme des cessions-acquisitions de PME en Auvergne-Rhône-Alpes a ralenti, c’est la conclusion de l’étude annuelle du conseil In Extenso Finance (40 salariés), 10e édition du panorama des régions & transmission, tout juste publiée.
Après le rebond observé en 2024 avec 158 opérations, la région revient à un rythme plus mesuré en 2025, avec 140 transactions enregistrées, soit un recul de 11 %, comparable à l’évolution au niveau national (-12 %).
Les valorisations de 5 à 15 millions d’euros en baisse
La baisse des transactions a particulièrement touché le segment intermédiaire des valorisations comprises entre 5 et 15 millions d’euros (-33 %). Le segment inférieur (1 à 5 M€) baisse légèrement, tandis que le haut du marché (15 à 50 M€) reste stable.
"Ce léger repli s’explique par deux facteurs conjoncturels : l’instabilité politique persistante et l’ajustement des valorisations à la baisse. Ces éléments ont pesé sur les décisions des acquéreurs et allongé les délais de conclusion", indiquent les auteurs de l’étude. Pour autant, les moteurs structurels du marché — transmission générationnelle, consolidation sectorielle, appétit des fonds — demeurent solides.
Davantage d’opérations de croissance externe
" La région AURA confirme son attractivité auprès des fonds d’investissement, tout en maintenant une dynamique de consolidation portée par des entreprises locales et nationales. Dans un contexte incertain et prudent, Auvergne-Rhône-Alpes reste la 1ère région de l’activité de fusion-acquisition de PME hors Île-de-France", estime Jessy-Laure Carol, associée spécialisée dans les cessions et acquisitions d’entreprises chez In Extenso Finance.
Cette résilience s’explique en partie par la montée en puissance des opérations de croissance externe, qui représentent désormais 40 % des opérations régionales (contre 30 % l’an dernier), en ligne avec la tendance nationale à 43 %. Les groupes acquéreurs privilégient les cibles régionales pour accélérer leur développement.
L’appétit des fonds franciliens
Parmi eux, les sociétés non cotées demeurent majoritaires (près de 60 % des opérations), bien qu’en recul de 16 points. À l’inverse, les fonds d’investissement progressent fortement pour atteindre 31 % des acquéreurs (+ 12 points), signe d’un regain d’appétit du capital investissement pour les PME régionales.
Géographiquement, si les opérations intrarégionales restent significatives (28 %), c’est l’Île-de-France qui prend désormais la première place avec 32 % des acquisitions, illustrant l’attractivité croissante de la région auprès des groupes et fonds parisiens.
Les secteurs des TMT et du BTP en tête
Le secteur des Technologies, Médias et Télécommunications (TMT) s’impose comme le premier moteur des fusions-acquisitions dans la région avec 49 opérations, soit le tiers des transactions locales. Il est suivi à parts quasi-égales par le BTP (25 opérations) et les services aux entreprises et aux particuliers (24 opérations). Ce podium régional reflète fidèlement la hiérarchie nationale.
La géographie des acquéreurs se resserre autour de l’Hexagone : 90 % des acquéreurs sont français en 2025 (contre 82 % en 2024), témoignant d’un repli des investisseurs européens (-5 points) et d’une quasi-disparition des acteurs hors Europe (-3 points).