En 2024, le nombre de transactions d’entreprises valorisées entre 1 et 50 millions d’euros a bondi de 27 % en France, indique une étude d’In Extenso Finance. Le cabinet d’expertise-comptable recense 1 226 opérations de fusion-acquisition sur le marché du "small cap" l’an passé. Cela "dépasse même les niveaux atteints lors de l’euphorie post Covid de 2021", constate Jessy-Laure Carol, associée In Extenso Finance.
Les raisons de la forte hausse du nombre de transactions de PME
Comment expliquer la multiplication des deals dans une période marquée par une crise politique, de fortes incertitudes fiscales et une faible croissance économique ? Jessy-Laure Carol y voit d’abord un effet de rattrapage, avec "le report de certains deals sur le début d’année", lié à "un contexte de stabilisation des taux directeurs".
Deuxième explication : les PME "sont moins sensibles aux aléas macroéconomiques et géopolitiques" que les entreprises de plus grosse taille, assure la dirigeante d’In Extenso Finance. D’ailleurs, ce sont les opérations de petite taille qui progressent le plus (+ 39 % en 2024 pour les valorisations comprises entre 1 et 5 M€).
Enfin, si le nombre de transactions progresse, c’est aussi pour une raison structurelle : la population des dirigeants de PME vieillit et les reports ne peuvent être que ponctuels.
Fortes croissances des fusions-acquisitions dans trois régions
La hausse des transactions concerne toutes les régions françaises, à l’exception notable de la Nouvelle-Aquitaine où les deals baissent de 9 %. Le Grand Est (+ 115 %), la Bretagne (+ 61 %) et les Pays de la Loire (+ 54 %) affichent les plus fortes croissances en 2024. L’Île-de-France concentre, elle, plus d’un tiers des ventes de PME (460 en 2024). Devant l’Auvergne-Rhône-Alpes (158) et la Région Sud (89).
Le BTP au top, le transport à l’arrêt
La plupart des secteurs d’activité ont connu en 2024 des hausses du nombre d’opérations. À commencer par le BTP, où les "fusacq" ont bondi de 163 % en 2024. "Cette envolée est principalement tirée par les marchés du second œuvre et de la rénovation de bâtiments, qui connaissent un important mouvement de concentration. En cause : la nécessité pour les entrepreneurs de ces sous-segments d’acquérir des compétences complémentaires et de mutualiser leurs investissements afin de pouvoir répondre à plusieurs types de travaux ou accéder à de nouveaux marchés", explique Jessy-Laure Carol.
À l’inverse, les transports sont à nouveau en recul en 2024 (-18 %). En cause : la forte concentration et les difficultés économiques de ce secteur.
88 % des acquéreurs sont français
Les acquéreurs sont principalement des entreprises non cotées (72 % des opérations). Puis des fonds d’investissement (17 %), des sociétés cotées en Bourse (6 %) et des actionnaires privés (5 %). Les cédants font en très grande majorité (88 %) affaire avec des repreneurs français. Pour ce qui est des repreneurs étrangers, les Américains et les Allemands sont les plus nombreux à racheter des PME tricolores (21 acquisitions chacun), devant les Italiens (12), les Belges (11) et les Anglais (10).
Le marché du M & A restera soutenu en 2025
Pour 2025, In Extenso Finance table sur une stabilité du marché. Jessy-Laure Carol indique qu’il est encore trop tôt pour connaître l’impact de la géopolitique, en particulier de la guerre commerciale ouverte par le président américain Donald Trump, sur le marché français des fusions acquisitions de PME. Mais l’associée du groupe d’expertise-comptable estime que le départ à la retraite de nombreux dirigeants de PME, couplé au besoin des entreprises de monter en compétences en matière d’IA et de transition écologique, devrait maintenir ce segment du marché des fusions acquisitions ou M & A (Mergers & Acquisitions) à un haut niveau cette année.