Cessions-acquisitions : retour à la manœuvre des fonds d’investissement
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Cessions-acquisitions : retour à la manœuvre des fonds d’investissement

Une nouvelle donne se dessine dans le paysage français des opérations de cession-acquisition des PME en 2025. Alors que les industriels, traditionnellement moteurs de la croissance externe, se montrent aujourd’hui plus frileux, les fonds d’investissement, après deux années de retrait, semblent montrer un certain activisme. Une dynamique qui redessine les stratégies de transmission d’entreprise en 2025.

Yoann Melloul, directeur général d’In Extenso Finance — Photo : Agnès Janin

La frilosité nouvelle des industriels, traditionnellement moteurs de la croissance externe, dans les cessions-acquisitions de PME en France, s’accompagne du retour en première ligne des fonds d’investissement.

Ce retournement de tendance s’explique par des facteurs conjoncturels et structurels. En 2023 et 2024, la hausse des taux d’intérêt avait freiné les ambitions des fonds, réduisant l’effet de levier et ralentissant les sorties de participation. Mais cette pause est révolue. Sous pression de leurs propres investisseurs, les fonds doivent relancer la rotation du capital et réinvestir. Résultat : ils sont aujourd’hui particulièrement actifs, à l’écoute des opportunités sur le marché français.

Désengagement des industriels

À l’inverse, les industriels, confrontés à un climat politique incertain, se montrent moins réactifs. Lorsqu’ils répondent aux offres, leurs propositions sont moins compétitives, avec des décotes de valorisation plus ou moins importantes, des demandes d’accompagnement plus longues auprès des dirigeants assorties de conditions de règlements plus contraignantes, des garanties d’actifs et de passifs plus fortes… Cela peut se comprendre sur certains secteurs ou sociétés pour lesquels l’activité en cours est dégradée, mais le mouvement semble général.

Nouvelles stratégies

Ce désengagement relatif, et que l’on l’espère temporaire, pousse donc les conseils en transmission à réorienter leurs stratégies. Accompagner un dirigeant dans la cession de son entreprise implique désormais de penser autrement. Le repreneur "naturel" n’est plus forcément industriel. Les solutions financières portées par les fonds d’investissement permettent non seulement de sécuriser une partie du capital, mais aussi d’envisager un développement ambitieux de la structure en France et à l’international, de fidéliser les collaborateurs, voire de mieux structurer une gouvernance.

Dans le même temps, le contexte, plus favorable qu’il y a quelques mois sur le marché du crédit, fait apparaître un retour marqué des " Repreneurs Personnes Physiques " cherchant des PME à forts potentiels.

Dans ce cadre, on peut raisonnablement penser que les opérations de reprise d’entreprise par un ou plusieurs repreneurs jusque-là étrangers à la société — ou les opérations de MBI, également en retrait ces dernières années, car plus risquées, vont se développer dans les mois à venir.

Cette évolution significative du marché redéfinit les équilibres entre acteurs et ouvre de nouvelles perspectives pour les dirigeants en quête de relais de croissance ou de transmission.

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