Le ministre de l’industrie Marc Ferracci est-il venu pour se donner bonne conscience jeudi 26 juin, sur la plateforme de chimie de Pont de Claix, près de deux mois après la liquidation quasi totale de l’entreprise de chimie Vencorex ? La question mérite d’être posée alors qu’aucune annonce n’a été faite après la matinée de discussions entre le représentant de l’État, les élus locaux et acteurs économiques du site industriel. Site qui hébergeait les différents ateliers chimiques de Vencorex et qui accueille encore aujourd'hui un certain nombre d’activités transversales telles que la fourniture d’électricité ou la production de vapeur. "La réunion a été très décevante", ont déclaré les responsables du territoire à l’issue de la rencontre. "Nous n’avons aucune annonce à faire puisque le ministre n’a pris aucune décision", ont affirmé les responsables de la Métropole.
Accompagner le reclassement des salariés
Quel était donc le motif exact de la venue du ministre ? "L’enjeu de ma visite sur le territoire était surtout d’accompagner le reclassement des salariés qui n’ont pas encore trouvé d’opportunité professionnelle, et de faire en sorte que ces reclassements puissent intervenir dans des délais brefs et des conditions satisfaisantes", a affirmé Marc Ferracci à la sortie de la réunion sur la plateforme. Rappelons que 467 salariés de Vencorex ont perdu leur emploi à la suite de la reprise partielle de l’entreprise, et qu’une partie de la chaîne de la chimie du territoire pourrait être affectée par la fermeture du site.
Autre objectif du ministre, "faire en sorte que la plateforme trouve la capacité à consolider ses activités […] et qu’elle puisse continuer d’être active et attractive". Les acteurs du territoire, aidés par l’État vont donc tenter de trouver des activités industrielles pour ce site. "Il n’y a aucune fatalité pour un site qui bénéficie du classement Seveso, très recherché par un certain nombre d’entreprises industrielles", a affirmé le ministre. Reste la question de la dépollution de la plateforme, qui avait fait couler beaucoup d’encre au moment du placement en liquidation judiciaire, mais qui, selon le ministre, "se déroule de manière satisfaisante dans les délais et avec un encadrement juridique conforme à ce qui était attendu".
Un nouveau projet de reprise ?
Si le projet de reprise en Scic (société coopérative d’intérêt collectif) présenté au printemps par les salariés et certains acteurs du territoire, a été rejeté par le tribunal de commerce, une nouvelle proposition de reprise d’une partie des activités de Vencorex a été discutée hier lors de la réunion avec le ministre. Peu de détails ont pour l’instant été donnés sur ce projet, baptisé "Exalia" et porté notamment par l’entrepreneur grenoblois Olivier Six. Le ministre s’est toutefois montré circonspect sur le sujet. "L’État est susceptible d’intervenir financièrement sur ce type de projets aux côtés des collectivités seulement s’il offre des débouchés pérennes". Dans le cas de Vencorex, le ministre a rappelé que "nombre d’investisseurs se sont intéressés à l’entreprise pendant la phase de procédure collective et qu’aucune n’a franchi le pas, en raison des difficultés du secteur la chimie (concurrence déloyale, coûts de l’énergie…)". Puis Marc Ferrucci de déclarer : "Je préfère être prudent car il y a beaucoup de projets industriels dans l’Hexagone et l’État ne peut pas tous les accompagner".