La Métropole de Grenoble poursuit son engagement en faveur du sauvetage de la plateforme de chimie de Pont-de Claix, quelques mois après la liquidation de Vencorex. Lors du conseil métropolitain qui se tenait début novembre, elle a ainsi confirmé son engagement financier, à hauteur de 3 millions d’euros, sous forme d’avance remboursable, auprès du projet Exalia de reprise du site, présenté en juillet par un ensemble d’acteurs du territoire.
Faire de Pont de Claix un pôle de référence de la chimie verte
Annoncé le 7 juillet 2025, le projet Exalia constitue "une perspective crédible de relance pour le site industriel de Pont-de-Claix" explique ainsi la métropole dans un communiqué. Porté par Olivier Six, dirigeant du groupe industriel grenoblois CIC ORIO et d’anciens salariés de Vencorex avec le soutien de la Métropole, sous forme de société anonyme (SA), Exalia reprend les bases du projet de reprise envisagé en SCIC dans le cadre du redressement judiciaire. Projet qui n’avait finalement pas été retenu par le Tribunal de commerce de Lyon, lui préférant le rachat d’une toute petite partie des activités de la plateforme par le Chinois BorsodChem. Exalia prévoit donc la reprise du site de Pont-de-Claix ainsi que de la mine de sel de Hauterives (Drôme), actif stratégique interconnecté par saumoduc (la canalisation destinée à transporter le sel, NDLR) et indispensable à l’approvisionnement des plateformes de Pont-de-Claix et de Jarrie. Ce nouveau projet entend relancer d’ici deux ans la filière sel-chlore, avant de développer à horizon 2030 de nouveaux débouchés autour des isocyanates décarbonés, avec l’ambition de faire des plateformes chimiques sud-grenobloises un pôle de référence de la chimie verte.
Un projet fédérateur pour le territoire
Exalia répond par ailleurs à des enjeux nationaux de souveraineté : assurer la continuité d’exploitation de la mine de sel d’Hauterives, unique en France, réduire la dépendance aux importations de sel et de chlore, approvisionner Arkema et Framatome à Jarrie (acteurs clés de la chimie et du nucléaire de souveraineté), et permettre le développement d’une filière française de chimie décarbonée. Enfin, le projet est porteur d’une dynamique d’emploi puisqu’il prévoit la création de 1000 emplois d’ici 2030.
Une enveloppe de 85 millions d’euros
En termes financiers, le projet prévoit 85 millions d'euros d’investissement, dont 50 millions d'euros pour redémarrer les ateliers et les moderniser afin de rendre les processus de production parmi les compétitifs de France et diminuer leur empreinte carbone. Le plan de financement "est en cours de bouclage", a précisé la Métropole, associant environ 20 millions d'euros de financements publics, sollicités auprès de l’État, de la Région et de la Métropole. À ce stade, cette dernière a donc délibéré et confirmé son soutien à hauteur de 3 millions d'euros, mais "sous réserve de l’obtention des autres financements publics", a prévenu l’agglomération : "la confirmation des soutiens de l’État, de Bpifrance et de la Région demeurant décisive pour que cette ambition se concrétise".
"En soutenant Exalia, la Métropole assume pleinement une vision industrielle, fondée sur la mobilisation et les compétences locales, la transition écologique et la souveraineté économique. Pont-de-Claix doit devenir le symbole qu’une ambition industrielle française est possible : une industrie décarbonée, innovante, compétitive, et fièrement ancrée dans nos territoires", a déclaré le président de la métropole Christophe Ferrari lors du conseil.