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Vencorex : le tribunal de Lyon offre six mois de sursis
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Vencorex : le tribunal de Lyon offre six mois de sursis

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L’entreprise de chimie Vencorex, placée en redressement judiciaire en septembre 2024 a obtenu un délai supplémentaire pour trouver un accord de reprise de l’activité du site de Pont de Claix. Ce qui devrait permettre au hongrois BorsodChem de peaufiner son offre et aux salariés de défendre leur projet de reprise en coopérative. Une audience intermédiaire est prévue le 3 avril.

La plateforme de chimie de Vencorex à Pont de Claix emploie 350 personnes — Photo : Vencorex

Le Tribunal de Lyon a tranché le 6 février en faveur d’un nouveau report de la décision concernant la liquidation ou non de l’usine de Vencorex de Pont de Claix, en Isère, avec une période d’observation prolongée de six mois. Un délai qui devrait permettre à la direction, aux syndicats et aux collectivités concernées, de trouver un potentiel accord de remise sur les rails du site.

À ce jour, deux solutions semblent se dessiner pour préserver une partie des emplois et de l’activité de l’usine de production d’isocyanates, placée en redressement judiciaire à l’automne dernier. Une offre de reprise par l’industriel BorsodChem, détenu majoritairement par le chinois et principal concurrent de Vencorex Wanhua. Et un projet de reprise sous forme de SCIC (Société coopérative d’intérêt collectif) porté par une partie des salariés et syndicats. Une audience intermédiaire est prévue le 3 avril pour faire le point sur les différentes options.

Offre du hongrois BorsodChem

L’industriel hongrois BorsodChem a donc déposé une offre qui permettrait le maintien de 54 emplois sur les 350 postes que compte Vencorex, accompagnée d’un investissement d’une quinzaine de millions d’euros afin de remettre en marche les différents ateliers de production de l’usine. Pour l'heure, seul l’atelier de production Tolonate, destiné aux marchés de la peinture et des vernis, est encore en fonction. Le tribunal a pour l’instant estimé que cette offre n’était pas suffisamment aboutie et devait encore être finalisée pour pouvoir être considérée comme viable. Cette solution aurait néanmoins le soutien de la CFDT et de la CFE-CGC au sein de l’entreprise.

Reprise sous forme de coopérative

L’autre partie des syndicats de Vencorex, et notamment la CGT soutient de son côté un projet de reprise sous forme de coopérative (SCIC), également porté par certaines collectivités territoriales, des élus, des fournisseurs et clients de Vencorex. Une vingtaine de salariés doit rencontrer le ministère de l’Économie ce vendredi 7 février pour présenter cette solution, qui permettrait de sauver davantage d’emplois au sein de l’usine que le plan de reprise hongrois. Bercy s’est pour l’instant refusé à la nationalisation temporaire du site. En attendant, 136 salariés ont déjà reçu leur lettre de licenciement et devraient quitter l’entreprise fin mars.

Rappelons que le sort de Vencorex est crucial pour plusieurs autres groupes chimiques de la région, dont Arkema et Framatome, qui ont déjà dû mettre certains de leurs salariés au chômage partiel, en raison de l’arrêt de leur approvisionnement en sels et produits liés à l’activité de Vencorex.

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