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La Brasserie du Comté renforce sa mission pour une bière et un territoire durables
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La Brasserie du Comté renforce sa mission pour une bière et un territoire durables

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Avec sa bière et ses sodas bio, la Brasserie du Comté a poussé son engagement un cran plus loin en devenant société à mission. La PME implantée à Saint-Martin-Vésubie prévoit 900 000 euros d’investissement pour renforcer également ses engagements au service de la transition écologique et du territoire.

Implantée à Saint-Martin-Vésubie, aux portes du Mercantour, la Brasserie du Comté compte 26 salariés — Photo : DR

La Brasserie du Comté, fondée en 2012, est devenue société à mission en avril 2026. Si cela n’a rien de surprenant pour qui connaît son engagement social et environnemental, la PME de Saint-Martin-Vésubie franchit une nouvelle étape. Après une année de préparation, l’équipe a défini sa raison d’être, désormais inscrite dans ses statuts : "Brassons des boissons responsables pour respecter la terre qui nous nourrit, les mains qui les créent et les moments qu’elles rassemblent".

Une douzaine d’investissements prévus

Au-delà des jolis mots et tournures, point de marketing. "C’est toute une logique, résume Edwards Dilly, président de la Brasserie du Comté. Nous venons de déposer une demande de subvention du fonds européen FEADER - Fonds européen agricole pour le développement rural - auprès de la Région Sud. Nous voulons mener une douzaine d’investissements pour un montant total de 900 000 euros sur les trois ans à venir, et tout va dans la logique de société à mission avec un objectif de décarbonation, de réduction de l’eau ou de récupération du CO2 pour réutiliser, dans nos sodas par exemple, celui qui se crée naturellement dans la fabrication de la bière. Au lieu de le rejeter dans la nature, nous allons le garder, le laver et le transformer pour le rendre inerte."

Intégralement détruite par la tempête Alex en octobre 2020, la Brasserie du Comté à été reconstruite un an plus tard, toujours à Saint-Martin-Vésubie, à 1 000 mètres d'altitude — Photo : DR

Un projet ambitieux et innovant pour une petite entreprise de 26 salariés, qui, à lui seul, représente un investissement de plus de 100 000 euros. "Nous allons peut-être aussi subir des pots cassés parce que finalement, nous serons parmi les premiers à utiliser ce nouveau système. Mais il faut avancer."

Des sacrifices sur les marges

Avancer. Voilà qui peut résumer la Brasserie du Comté. Avancer malgré tout. Malgré la Tempête Alex qui a détruit l’intégralité de son site de production en octobre 2020. Malgré la hausse des coûts de l’énergie, du prix des matières premières, la baisse du pouvoir d’achat, la conjoncture… Un état d’esprit qui aura permis à l’entreprise de se reconstruire – au sens propre – et d’être "toujours en développement", affichant un chiffre d’affaires à 3,4 millions d’euros en 2025 (contre 2,8 millions d’euros en 2024).

"Nous avons augmenté, l’activité est bonne, reprend Edwards Dilly. Mais ce sont aussi des sacrifices sur notre marge. Nous n’avons pas augmenté nos prix, alors que les droits d’accises et les taxes, ont augmenté. C’est aussi un sacrifice de l’équipe. Nous n’avons pas de grosses rémunérations, mais nous faisons tous ça par passion et par fierté de la marque aussi. Ça nous oblige à être intelligents et à faire différemment."

Le retour de la consigne du verre

Comme lorsqu’elle se lance dans le réemploi du verre, soutenue par l’éco-organisme des emballages ménagers Citeo.
Entre ses bières et ses sodas, la Brasserie du Comté produit près d’1,4 million de bouteilles en verre par an, dont plus de 150 000 en format 75 centilitres et un litre. Ce sont ces bouteilles qui, dans un premier temps, vont être réutilisées via un système de consigne, géré par le réseau L’Incassable, actif en région Sud.
"Le but est que dans 5 ou 10 ans, même les petites bouteilles soient des consignes, il faut réhabituer le consommateur, analyse le dirigeant. L’objectif est aussi qu’il y ait, à terme, une usine de traitement en Paca d’ici deux ou trois ans. Jusqu’à présent, la plus proche est à côté de Béziers."

Les bouteilles de 75 cl et 1l de bières et sodas biologiques de la Brasserie du Comté vont désormais être consignées — Photo : Olivia Oreggia

Un premier malt made in Provence

Un circuit ultra-court, c’est l’autre credo de l’entreprise, héritage naturel de ses racines montagnardes. Elle qui brasse sa bière avec de l’eau des massifs du Mercantour, va bientôt utiliser de l’orge régional, grâce à la Malterie Provence-Alpes.

Créée à Sisteron sous la forme d’une Scic, une Société coopérative d’intérêt collectif, celle-ci regroupe une soixantaine de sociétaires, agriculteurs et brasseurs, dont la Brasserie du Comté, pour structurer la filière orge-malt-bière en région Sud. "C’est vraiment concret, s’enthousiasme Edwards Dilly. La première production se fera cet été. Les travaux sont quasi terminés. Nous, nous souhaitons que d’ici trois ans, au moins 50 % de notre orge vienne ainsi de la région PACA. Actuellement, il n’y en a même pas 1 %, c’est vraiment ridicule. On achète en Ardèche et en Savoie."

Basée à Sisteron, dans les Alpes-de-Haute-Provence, la Malterie Provence-Alpes regroupe une soixante de sociétaires, agriculteurs et brasseurs unis pour lancer une filière régionale malt-orge-bière — Photo : DR

S’agrandir pour continuer à produire

Question de cohérence, inscrite désormais noir sur blanc dans ses statuts. Mais pour poursuivre sur cette trajectoire, l’équipe de la Brasserie va devoir s’étendre. Dans une commune encore profondément marquée par la tempête Alex et alors que les travaux de reconstruction dans la Vallée ne sont pas pleinement achevés, la question de l’espace est majeure.

"D’ici trois ans, nous serons arrivés en saturation de notre production, assure le président. Il nous faut 2 000 m2 de plus à Saint-Martin-Vésubie pour nous développer, pour voir l’avenir."

Créer des emplois pour les jeunes

Impossible pour l’équipe d’imaginer quitter la commune. D’autant que la PME génère un emploi qui se fait rare, notamment pour les plus jeunes. "Cette année, nous avons créé 3 nouveaux emplois. On vient d’investir dans un camion 19 tonnes pour ne plus dépendre de transporteurs. Nous avons pris un chauffeur qui, en même temps, gère le conditionnement. Et c’est encore un jeune de la Vallée." Une mission de plus que mène la petite entreprise.

Alpes-Maritimes # Artisanat # Engagement sociétal # Transition écologique # Investissement industriel # PME