Pourquoi avoir lancé ce "Baromètre de la santé des dirigeants des Alpes-Maritimes" ?
Lorsqu’on évoque la santé du dirigeant, la santé au sens large, on parle essentiellement de santé mentale. S’il y a une vraie prise de confiance sur le fait de prendre soin de ses collaborateurs, quelle est la place du dirigeant dans ce sujet ? On se rend très vite compte que le dirigeant se néglige. Il est un peu la dernière roue du carrosse. Et en l’occurrence, parce que Mutuelles du Soleil accompagne des dirigeants et des acteurs économiques, la volonté était justement de faire une évaluation et un autodiagnostic.
Est-il difficile d’aborder ce sujet avec ces dirigeants ?
Effectivement, c’est pour eux un non-sujet. Les dirigeants vont penser à mettre en place des choses pour leurs salariés, mais leur santé n’entre pas dans l’équation. Ce baromètre a pour but d’attirer l’attention sur la question et de donner des mots et des chiffres sur la manière dont le dirigeant se sent et se comporte.
Comment avez-vous procédé ?
Nous avons effectué un sondage, anonyme, auprès de 132 chefs d’entreprise de l’UPE06. Il y avait des questions autour du sommeil, de la nutrition, de la sédentarité ou du soin en leur demandant à quelle régularité ils allaient chez un médecin.
Il en ressort notamment que plus d’un dirigeant sur deux se dit fatigué ou épuisé, que 37 % dorment moins de 7 heures ce qui engendre de la fatigue, ou encore que la moitié d’entre eux passe plus de six heures par jour assis.
Ces résultats vous ont-ils surpris ?
La fatigue est devenue un état de fait, elle est intégrée dans leur quotidien. On fait avec. Mais est-ce normal ? Et qu’est-ce que cette accumulation de fatigue va entraîner ? Pris séparément, ces constats peuvent sembler modérés mais pris ensemble, ils montrent un équilibre fragile, une tension durable. Il y a une vraie nécessité de construire son équilibre : un être humain a besoin de se détendre, de se reposer, ne serait-ce que pour pouvoir être dans l’action de manière optimale.
La démarche de Mutuelles du Soleil, avec ce baromètre, est aussi de pouvoir mettre en avant ces messages de prévention et surtout d’évangéliser sur le fait que la prévention n’est pas forcément une perte de temps. Et donc, d’adapter des solutions, derrière cette idée reçue, pour permettre aux dirigeants d’avoir des actions très concrètes et rapides à mettre en place.
"La prévention n’est pas une perte de temps, c’est un investissement sur soi. Et donc sur son entreprise."
Que proposez-vous concrètement ?
Nous allons déjà là où se trouve le dirigeant en organisant en entreprise des ateliers pour les équipes, auxquels le dirigeant peut participer. Car la volonté ne manque pas, c’est le temps qui manque.
Pour les accompagner, nous proposons "un check-up du dirigeant", sur une demi-journée ou une journée, basé sur des points de contrôle définis et selon ses disponibilités. Le chef d’entreprise est pris par la main. Il doit simplement se présenter pour suivre une batterie d’examens dans un endroit confortable où, s’il veut continuer à échanger, à travailler, il peut le faire. Nous avons noué un premier partenariat avec l’Hôpital Saint-Joseph à Marseille. Tout est pris en charge. Nous avons également des programmes digitaux pour ceux qui n’ont vraiment pas le temps. Sur toute problématique liée au sommeil par exemple, il va pouvoir consulter, gratuitement, et bénéficier d’un coaching sommeil personnalisé.
L’objectif est vraiment de dire que la prévention n’est pas une perte de temps, c’est un investissement sur soi. Et donc, sur son entreprise.