Chez BotaniCert (6 collaborateurs, CA : 1 M€), la passion des plantes a donné lieu à une véritable mission : contrôler, à la demande des industriels, les produits à base de plantes existants sur le marché.
Car "malheureusement, les compléments alimentaires à base de plantes ne sont pas trop ce qu’ils devraient être", assure Loïc Loffredo, directeur général du laboratoire fondé par Francis Hadji-Minaglou, son président, et hébergé au sein de Grasse Biotech.
"80 % de falsification"
Exemple avec la vigne rouge, couramment utilisée pour maintenir une bonne circulation sanguine et soulager les jambes lourdes. Sur six compléments alimentaires du commerce proposant cette plante, de marques et prix différents, bio ou non, deux seulement ont une composition conforme à ce qu’ils annoncent sur leur emballage.
Autre résultat des analyses pratiquées par BotaniCert, peu rassurant pour le consommateur, avec la prêle, végétal bénéfique pour les os et les articulations mais aussi les cheveux et les ongles. Sur les 12 testées, 10 ne respectent pas la composition de leur étiquette. "Sur des extraits secs, nous estimons qu’il y a au minimum 80 % de falsification, affirme Loïc Loffredo. Et dans les 80 %, une fois sur deux, il n’y a rien dedans, de la farine et un peu de colorant, pour que ça y ressemble un peu."
Un dosage qui n’est pas celui annoncé sur l’étiquette, une plante qui est parfois même différente, des dilutions multiples… dans le meilleur des cas, le produit est inefficace, dans le pire, il est toxique. Souvent de bonne foi, par manque de rigueur ou de connaissance. Parfois aussi par appât du gain et faute de contrôle.
"Il y a des compléments alimentaires qui sont vraiment très bons, reprend le dirigeant, mais il y a une disparité énorme. Nous, on veut doser la réalité, apporter une vraie information. On est un peu des chevaliers blancs sur le marché."
Ainsi Loïc Loffredo raconte-t-il que certains de ses clients sont "tombés des nues" en découvrant les compositions exactes de leurs propres produits.
Un label pour plus de transparence
Le laboratoire grassois investit 30 % de son chiffre d’affaires dans sa R & D. Il y a un an, il a créé le label Botani +. Il se base sur ses analyses obtenues par des méthodes qu’il présente comme fiables et adaptées à un marché qui n’a cessé d’évoluer jusqu’à une offre pléthorique.
" Historiquement, les méthodes utilisées pour contrôler les plantes dans ces industries-là, qui sont des monographies des pharmacopées européennes, ont été élaborées sur de très vieux équipements, à une époque où il y avait peut-être 30 plantes commercialisées, explique Loïc Loffredo. Et puis, les plantes aussi ont évolué car il y a beaucoup d’hybridations, donc c’est compliqué. Ce n’est pas comme les produits pharmaceutiques dans lesquels il n’y a qu’une molécule. Si les méthodes ne permettent pas de voir les falsifications, c’est déjà un problème. La première faute est imputable aux laboratoires comme nous."
Un logiciel pour accélérer
BotaniCert travaille actuellement au développement, en interne, d’un logiciel pour "cartographier" au fur et à mesure ce qui se trouve dans les plantes. Il s’agira de simplifier les process pour que les analyses en deviennent moins coûteuses et ainsi plus accessibles.
L’outil devrait être opérationnel d’ici la fin 2026 avant, dans les années à venir, d’être disponible directement chez ses clients, français ou européens (BotaniCert réalise 30 % de son chiffre d’affaires à l’international), qui disposeront alors de leur propre base de données.