La discrète Association progrès management (APM) veut se rendre plus accessible. Aujourd'hui "un peu secrète", l'association de dirigeants veut s'ouvrir "sans transiger sur la qualité du recrutement", selon Pauline Leré, directrice générale de l'APM depuis novembre 2025. La dirigeante implantée à Angers, fondatrice du cabinet de transformation organisationnelle OxyMorphe partage la tête de l'association avec Erwan Rouxel, fondateur de l'enseigne Signorizza.
Avec ses 9 000 adhérents, l'APM a la particularité d'être présente surtout hors de Paris. Chaque club compte 20 à 25 dirigeants d'entreprises de plus de 10 salariés. 440 clubs sont présents dans 38 pays, dont 350 en France. Seuls 35 clubs sont implantés dans la capitale. Une caractéristique "assez rare dans ce type de mouvement", commente Pauline Leré. L'association rassemble aussi tous ses membres lors d'une convention internationale, dont la dernière édition s'est tenue les 19 et 20 mars derniers à Paris.
Une réponse à la dégradation de la santé mentale des dirigeants
Chaque club organise une journée mensuelle où les dirigeants se réunissent. Ces réunions peuvent avoir lieu autour d'experts qui abordent des sujets techniques liés à l'entreprise, au développement personnel du dirigeant ou à l'ouverture sur le monde.
"Pour le chef d'entreprise, cette réunion sur le temps long est un espace ressource, de confiance", explique la directrice de l'association. Et pour l'APM, ces journées sont essentielles dans le contexte politique et économique.
Rompre la solitude du dirigeant
"Nous vivons dans un monde fragmenté, dans lequel il est de plus en plus difficile d'avoir de la nuance et une pensée complexe", estime Pauline Leré. Les clubs de dirigeants doivent permettre aux chefs d'entreprises de "ne pas rester seuls" et de s'encourager à la "résilience" tout en préservant leur santé mentale, mise à rude épreuve.
Selon une étude annuelle de la Fondation MMA des entrepreneurs du futur et de Bpifrance Le Lab, la santé mentale des dirigeants se dégrade. En 2025, et pour la première fois depuis la crise sanitaire, plus de 80% d'entre eux indiquaient souffrir de maux physiques ou psychologiques.
"On passe notre temps à mettre une carapace, à rassurer nos banquiers, clients et fournisseurs... Il y a un fort écart entre la posture du dirigeant et son intériorité", explique la directrice du mouvement. Les réunions mensuelles avec les clubs ont aussi cette fonction : ne pas laisser les dirigeants seuls et partager ses expériences.
Une organisation apolitique
Un positionnement qui explique le caractère apolitique de l'organisation. "Nous avons voulu que ce modèle des clubs soit un espace d'intimité apolitique et qui n'est pas centré sur le business", rappelle Pauline Leré. L'APM ne prend en effet aucune position politique, ce rôle revenant aux organisations patronales, selon la directrice du mouvement. C'est aussi cette caractéristique qui fait la discrétion de l'APM. Selon Pauline Leré, "il est difficile d'avoir une place médiatique sans prise de position politique".
Poursuivant son objectif d'internationalisation, l'APM a d'ailleurs ouvert, en mars dernier, un club à Riyad en Arabie Saoudite.