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Le passeport numérique du produit au service de l’économie circulaire
Avis d'expert Auvergne Rhône-Alpes # Gestion

Le passeport numérique du produit au service de l’économie circulaire

Le passeport numérique du produit, applicable dès 2026, centralise un grand nombre d’informations clés sur un produit. Anticiper son déploiement offre aux entreprises l’opportunité de communiquer en toute transparence sur leurs produits et de valoriser leurs engagements environnementaux. Des leviers pour se démarquer de la concurrence.

Pauline Van Durmen, Business Consultante chez Visiativ — Photo : DR

Le passeport numérique du produit (en anglais DPP pour Digital Product Passport) est issu du green deal européen (feuille de route environnementale de la Commission européenne pour atteindre la neutralité climatique en 2050). Il se présente sous la forme d’une fiche numérique qui centralise les informations clés sur un produit : origine, composition (provenance des matériaux et certifications environnementales), impact environnemental (empreinte carbone…), instructions de fin de vie (réparabilité, recyclabilité des composants…) et traçabilité complète du cycle de vie.

Accessible via un QR Code, une puce RFID ou un code-barres, le DPP favorise l’économie circulaire en améliorant la traçabilité des produits, en apportant plus de transparence aux consommateurs, en facilitant la réparation et le recyclage des produits en fin de vie et en luttant contre le greenwashing. Autre enjeu : harmoniser la réglementation au niveau européen.

Déployé d’abord en phase pilote dans des secteurs comme le textile et l’électronique, le DPP deviendra obligatoire progressivement d’ici 2030 pour une large gamme de produits : batteries de véhicules électriques, équipements électroniques grand public, produits de construction, emballages…

Des données fiables, sécurisées et accessibles

Sa mise en œuvre qui s’inscrit dans le parcours de digitalisation des entreprises, implique de relever plusieurs défis, à commencer par la collecte et la centralisation efficace des données pour garantir leur traçabilité et leur conformité. Les industriels doivent commencer par un produit ou une gamme de produits, en cartographiant les données associées, les sources d’information (fiches techniques, rapports RSE…), en identifiant les lacunes. Il faut ensuite intégrer ces données dans l’outil de suivi et de gestion des informations qui peut être un PLM (Product Lifecycle Management) ou un PIM (Product Information Management). Il faut enfin consolider et structurer les données pour aboutir à un document regroupant toutes les informations obligatoires.

Ce projet transverse implique de désigner un pilote en interne, d’associer de nombreux services, de se faire accompagner et de penser à long terme, les données étant évolutives. L’autre défi est d’assurer la sécurité de données potentiellement critiques et sensibles pour les protéger des cyberattaques et pour respecter les standards européens sur la gouvernance des données : stockage segmenté des données selon leur niveau de sensibilité, sauvegardes redondantes et sécurisées, usage de la blockchain…

Si la mise en œuvre du DPP pose des défis, les PME-PMI vont pouvoir en tirer des avantages concurrentiels en développant une communication transparente avec les consommateurs, en approfondissant leur politique RSE via l’économie circulaire, en améliorant l’organisation de leurs données et, ce faisant, les process autour de la production.

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