Le concepteur et fabricant isérois de détecteurs infrarouges haute technicité Lynred (1000 salariés ; 223M€ de CA), détenu à parts égales par Thales et Safran, vient d'inaugurer à Veurey-Voroize, aux environs de Grenoble, l’extension de son site, destinée à renforcer ses capacités de production. Un investissement à 100 millions d’euros qui représente à ce jour le plus important depuis la création de Lynred en 1986. Le projet a été financé à 100 % sur fonds propres, avec un crédit-bail à 70 % du montant total, a précisé l’entreprise lors de l’inauguration.
Cette extension ajoute ainsi 10 000 m² de bâtiments industriels, logistiques et tertiaires et porte à 8 000 m² la surface totale des salles blanches du site, soit un doublement de la capacité de production visé à l’horizon 2030.
Demande en forte croissance
Pour Lynred, dont le site isérois regroupe l’ensemble des activités recherche & développement, la production, la qualification et le support client, l’enjeu est de répondre à une demande mondiale en forte croissance. Le marché des détecteurs infrarouges pourrait plus que doubler d’ici à 2030, passant de 1,7 milliard à plus de 3,5 milliards d’euros. "Grâce à ce campus, nous nous mettons en capacité de répondre à cette demande mondiale en produisant de manière compétitive en grands volumes, tout en nous maintenant à la pointe des évolutions technologiques", assure Hervé Bouaziz, président exécutif de Lynred.
Historiquement positionnée sur les marchés de la défense et du spatial, l’entreprise voit également émerger de nouveaux débouchés dans les drones et les systèmes anti-drones, le contrôle industriel, la surveillance environnementale ou encore l’automobile.
Dans ce dernier secteur, les caméras infrarouges sont appelées à jouer un rôle croissant dans les systèmes de freinage d’urgence capables de détecter des piétons dans des conditions de faible visibilité. Lynred a d’ailleurs obtenu en 2025 la certification lui permettant de produire pour le marché automobile.
Ce nouveau campus devrait également "contribuer au renforcement de notre souveraineté industrielle", a indiqué Hervé Bouaziz. Dans un contexte de réarmement européen et de tensions géopolitiques, le dirigeant met en avant la maîtrise de l’ensemble de la chaîne de valeur du groupe, de la fabrication de certains matériaux jusqu’au produit fini.
Réduction de l’empreinte carbone
Conçu comme un site industriel de nouvelle génération, le campus intègre aussi plusieurs mesures de réduction de son empreinte environnementale : amélioration de l’efficacité énergétique des salles blanches, installation de 2 300 m² de panneaux photovoltaïques et aménagements favorisant les mobilités douces. "La reconfiguration des productions d’énergies pour la climatisation des salles blanches réalisée dans le cadre du projet va permettre d’améliorer de 25 % l’efficacité énergétique du site et d’ainsi optimiser son empreinte carbone par mètre carré de salle blanche", a déclaré Xavier Caillouet, directeur général du groupe.
300 embauches d’ici 2030
Le nouvel outil industriel doit enfin soutenir la croissance de l’emploi dans la région. Après plus de 100 recrutements réalisés en 2025, l’entreprise prévoit au moins 300 embauches supplémentaires d’ici à 2030. Les effectifs pourraient ainsi passer de plus de 1 000 salariés aujourd’hui à environ 1 300 dans les cinq prochaines années.