Automobile : la France demande une "préférence européenne assumée" pour protéger l’industrie
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Automobile : la France demande une "préférence européenne assumée" pour protéger l’industrie

La Commission européenne doit rendre sa décision sur l’adaptation de la trajectoire de décarbonation de l’automobile le 10 décembre prochain. En amont, la France a réuni la filière pour partager le constat d’un contexte économique défavorable. Face à cette situation, le gouvernement demande de protéger l’outil industriel.

La France plaide pour une préférence européenne dans le secteur automobile — Photo : Pexels

À quelques jours des annonces de la Commission européenne sur la trajectoire de décarbonation de la filière automobile, prévues le 10 décembre, la France demande une "préférence européenne assumée" pour protéger les industriels du secteur. Dans un communiqué, le gouvernement appelle à une approche fondée "sur une protection proportionnée de toute l’industrie automobile européenne" et en particulier des équipementiers.

Des objectifs fixés dans un contexte économique défavorable

Après avoir réuni la filière automobile, le diagnostic est "clair", selon Bercy. "L’industrie automobile européenne fait face à une demande insuffisante et à un choc concurrentiel durable et profond", selon ce communiqué.

Les chiffres des ventes de véhicules neufs sont en effet en baisse depuis plusieurs mois. Sur l’année, les immatriculations ont diminué de plus de 5 % en France. Un constat partagé à l’échelle européenne car même si les ventes de véhicules neufs sont en hausse de 5,8 % sur un an, les volumes "restent bien inférieurs aux niveaux d’avant la pandémie" selon l’Association des constructeurs automobiles européens.

Adapter l’outil industriel aux objectifs environnementaux

Surtout, l’appareil productif n’est pas encore adapté à l’ambition européenne initiale d’interdire les véhicules à moteur thermique dès 2035, d’après ce diagnostic. Selon le gouvernement, le véhicule thermique représente "près de 75 % du savoir-faire, des pièces et des composants des véhicules".

"Allier ambition industrielle et décarbonation"

Pour transformer l’outil industriel, les objectifs environnementaux "doivent être indissociables d’une trajectoire industrielle claire", prévient le gouvernement. La filière demande des incitations réglementaires et financières au maintien et au développement des chaînes de valeur industrielles européennes.

Sur la même ligne que la filière, "la France appelle à allier ambition industrielle et décarbonation directement au sein du règlement sur les émissions de CO2 des véhicules que la Commission européenne s’apprête à réviser", le 10 décembre prochain.

Une demande particulière pour les véhicules utilitaires et les flottes d’entreprises

Pour les véhicules utilitaires légers, le gouvernement demande la mise en place d’une trajectoire "adaptée à la réalité du marché, en intégrant notamment un lissage des objectifs sur une durée de cinq ans". La France rappelle aussi "son attachement à un règlement d’incitation à l’achat de véhicules électriques européens par les flottes d’entreprise".

Les organisations syndicales de Stellantis (CFE-CGC, FO et CFTC) ont exprimé, le 1er décembre, un message similaire. Elles ont dit soutenir "pleinement les objectifs de décarbonation" mais appellent à "une programmation réaliste, maîtrisée et socialement responsable". Selon un rapport du Sénat, 800 000 emplois sont "en grand danger" dans le secteur, en proie à de profondes transformations.

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