Quelles réponses comptez-vous apporter à la crise que traverse aujourd’hui le secteur de la chimie en Europe ?
Il s’agit de se mobiliser avec nos partenaires européens sur des mesures de protection pour notre industrie. L’industrie chimique connaît des difficultés depuis 2023, liées d’abord à l’explosion des coûts de l’énergie et à l’invasion de la Russie en Ukraine. Mais aujourd’hui, nous devons faire face à une surcapacité, notamment chinoise, qui cherche des débouchés en Europe à des prix défiant toute concurrence loyale. Le discours de la France est de porter auprès de la commission européenne la nécessité de protéger un certain nombre de molécules qui sont stratégiques pour des filières comme l’automobile. C’est un combat pour la préférence européenne qui se mène maintenant. J’entends beaucoup de gens parler de l’instabilité politique, dire vouloir faire sauter les gouvernements ici ou là, mais si nous ne sommes pas autour de la table, il n’y aura personne pour défendre l’industrie française. Les enjeux qui sont là appellent aussi à répondre aux enjeux de stabilité politique de notre pays.
L’usine de Stellantis à Mulhouse est à l’arrêt cette semaine, pouvez-vous préciser la position de la France concernant la fin de la vente de véhicules thermiques à partir de 2035 ?
2035 doit rester un cap et un objectif pour parvenir à une production de véhicules décarbonés. La France n’est pas fermée à une flexibilité sur ces principes, mais la France veut aussi que les véhicules qui seront produits en Europe le soient avec un maximum de produits européens. C’est aussi la raison pour laquelle la France avance sur deux jambes. Certes, 2035 est un cap sur lequel il peut y avoir des flexibilités, mais il doit y avoir en parallèle le mécanisme de préférence européenne.
En dehors des secteurs de la chimie et de l’automobile, quelles sont vos priorités ?
L’autre filière où nous avons du pain sur la planche, c’est l’acier. Des mécanismes ont été récemment annoncés au niveau européen par Stéphane Séjourné, le vice-président de la Commission européenne en charge de la stratégie industrielle.
Qu’entendez-vous par le fait de "porter la voix de la France pour sortir de la naïveté" dans un contexte international de plus en plus débridé ?
Cela signifie assumer une politique de préférence européenne et une politique de protection de notre industrie. On ne peut pas simplement être les seuls bons élèves de la planète à respecter les règles de l’OMC. Il faut que l’on soit fort dans ce système et qu’on assume de se protéger pendant une certaine période. On voit bien qu’on fait aujourd’hui l’objet d’agressions de la part de certaines zones géographiques.