L’annonce de la Commission européenne était attendue par le secteur automobile. L’institution a finalement présenté sa proposition de révision des objectifs et abandonne le tout électrique pour 2035.
"Une prise de conscience" pour PFA
Pour la Plateforme automobile PFA, organisation professionnelle qui rassemble des constructeurs, équipementiers et sous-traitants de l’automobile en France, ces propositions "traduisent une vraie prise de conscience et constituent une première réponse aux urgences qui sont celles de l’industrie automobile européenne aujourd’hui".
Introduction d’une notion de préférence européenne
Des urgences caractérisées par des ventes en baisse tout au long de l’année 2025 et la concurrence asiatique qui s’amplifie. Pour PFA, les dispositions présentées par la Commission rendent au consommateur la possibilité de choisir et aux industriels la liberté technologique et d’innovation.
Pour la Plateforme automobile, la Commission fait aussi un "premier pas" avec l’introduction d’une notion de préférence européenne. Sur ce point, l’organisation reste cependant en attente de la loi sur l’accélération industrielle (Industrial accelerator act), qui sera présentée fin janvier. Ce texte devra introduire en Europe, "la définition d’un contenu local minimum pour les véhicules vendus en Europe", précise PFA.
Les constructeurs européens vont poursuivre leur étude du texte
Pour l’Association des constructeurs européens d’automobiles (Acea), "les propositions reconnaissent à juste titre la nécessité d’une plus grande flexibilité et d’une neutralité technologique pour que la transition écologique soit une réussite", a déclaré Sigrid de Vries, directrice générale de l’Acea.
Mais l’Acea va maintenant étudier le texte, car "le diable se cache souvent dans les détails", estime Sigrid de Vries. L’association travaillera avec ses "collègues législateurs afin de renforcer les propositions là où cela s’avère nécessaire".
La France salue "une première avancée majeure"
Dans un communiqué, la France salue "une première avancée majeure" sur la préférence européenne. "Pour la première fois, la production sur le sol européen sera prise en compte dans l’atteinte des objectifs climatiques européens", précise Bercy.
Le texte proposé par la Commission européenne présente un "équilibre global" qui prend en compte les "réalités actuelles du marché automobile, réaffirme l’ambition d’électrification tout en apportant la souplesse nécessaire pour renforcer notre industrie et garantir notre souveraineté".
Une "erreur stratégique" pour Transports & Environnement
De son côté, l’ONG Transports & Environnement dénonce une "erreur stratégique" car l’Europe aurait, au contraire, "besoin de clarté sur l’investissement dans l’électrique", indique Nicolas Raffin, porte-parole de l’ONG. Ce changement de trajectoire de la Commission européenne "peut avoir des répercussions sur les entreprises qui misaient sur une trajectoire d’électrification".
L’ONG va suivre de près cette proposition, notamment dans ses phases de discussion entre les États membres puis les eurodéputés. Selon Nicolas Raffin, "notre volonté c’est que la droite et l’extrême droite n’en profitent pas, au Parlement, pour dégrader encore plus l’ambition [de décarbonation du secteur]".