La filière automobile française pourrait disparaître, prévient Luc Chatel, président de PFA
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La filière automobile française pourrait disparaître, prévient Luc Chatel, président de PFA

L’interdiction de vente des véhicules thermiques neufs prévue en 2035 dans l’Union européenne pourrait faire disparaître la filière automobile française craint Luc Chatel, président de la Plateforme automobile (PFA). Pour enrayer cette chute annoncée, la France défend des ajustements et la Commission européenne fera des annonces autour du 10 décembre prochain.

75 000 emplois sont menacés dans l’industrie automobile, selon Luc Chatel, président de la Plateforme automobile (PFA), qui représente 3500 entreprises du secteur en France — Photo : Stellantis

La filière automobile française pourrait disparaître et emporter avec elle 75 000 emplois dès 2035, prévient Luc Chatel, président de la Plateforme automobile (PFA). L’organisation représente 3 500 entreprises du secteur, dont des constructeurs comme Stellantis ou Renault, ainsi que des équipementiers (Valeo, Faurecia, Michelin…). Invité de France info à l’occasion de la journée de la filière auto qui s’est tenue à la Cité des sciences et de l’industrie à Paris le 4 novembre, Luc Chatel conteste l’interdiction de vente des véhicules neufs thermiques. Selon lui, c’est une décision "unilatérale, politique et dogmatique qui joue contre l’industrie".

Autoriser d’autres solutions que le 100 % électrique

Cette perte drastique d’emplois, également pronostiquée par le Sénat, est "à nouveau liée à la transformation que doivent réaliser les entreprises de la filière" pour passer au tout électrique. Ce virage est d’ailleurs trop radical selon le président de PFA, qui veut "laisser faire différentes technologies" comme l’hybride rechargeable avec des prolongateurs de batteries ou encore les carburants de synthèse. Selon Luc Chatel, "ce qui tue l’innovation, c’est le choix d’une solution unique pour des raisons politiques".

La France ouverte à des flexibilités sous certaines conditions

Roland Lescure, ministre de l’Économie, s’est dit ouvert à des flexibilités mais pas à la "naïveté". Intervenant en conclusion de la journée de la filière automobile, le ministre a assuré que la France est prête à "faire preuve de flexibilité sur les objectifs très contraignants de 2035" mais à la condition que cette adaptation profite aux constructeurs et fournisseurs européens. "Il faut que la flexibilité s’accompagne d’une préférence réelle pour le fabriqué en Europe", a prévenu Roland Lescure.

Des annonces dans quelques semaines

Les résultats de la clause de revoyure de la Commission européenne sur l’interdiction de vente de véhicules thermiques seront essentiels pour la filière. Les dernières discussions dans le cadre de cette clause de revoyure ont lieu en ce moment a indiqué Stéphane Séjourné, vice-président exécutif pour la prospérité et la stratégie industrielle de la Commission européenne. Des annonces seront faites autour du 10 décembre prochain.

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