La filière du plastique et des composites appelle à l’action pour sécuriser son avenir
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La filière du plastique et des composites appelle à l’action pour sécuriser son avenir

L’activité de la filière du plastique et des composites s’est dégradée ces dernières années. Pour enrayer cette dynamique, Polyvia, le syndicat national représentatif du secteur, appelle à mettre en place plusieurs mesures pour sécuriser cette industrie.

La France rassemble 935 entreprises dont l’activité principale est de fabriquer des produits en plastique — Photo : Groupe CEP

Une "action rapide et collective" est nécessaire pour "sécuriser l’avenir" de la filière du plastique et des composites, affirme Pierre-Jean Leduc, président du syndicat national Polyvia, représentatif du secteur, dans un communiqué.

Une dégradation de l’activité

Si les industriels du secteur misent sur une activité constante en 2026, par rapport à celle de 2025, les entreprises font face à plusieurs enjeux qu’ils soient économiques avec l’inflation et la baisse de la demande, techniques avec la préservation des savoir-faire locaux, ou environnementaux avec la transition écologique que le secteur doit mener.

4 %

Réunissant 203 000 salariés pour près de 4 000 entreprises et 83 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024, la filière plasturgie et composites a fait face, dès 2024, à des difficultés. Dans les 2 935 entreprises dont l’activité principale est de fabriquer des produits en plastiques, le chiffre d’affaires a décliné de 4 % en 2024, après -1,2 % entre 2022 et 2023. Les résultats des entreprises se sont donc dégradés et les effectifs ont commencé à reculer notamment chez les équipementiers automobiles et la plasturgie du bâtiment.

2025, "une année compliquée"

L’année 2025 n’a cependant pas permis de relever la barre. Elle s’est même "révélée compliquée" affirme Polyvia. Selon l’enquête de conjoncture réalisée par le syndicat, l’activité du premier semestre était en dessous des objectifs fixés et celle du second semestre a même baissé et les marges ont reculé d’un tiers. Pour 2026, Polyvia appelle donc ses adhérents à "faire preuve de prudence".

Des mesures "efficaces" souhaitées

Ce constat pousse Pierre-Jean Leduc à demander "une trajectoire claire et partagée avec l’État, fondée sur des politiques publiques efficaces et non stigmatisantes". Dans un communiqué, il dénonce certaines mesures comme la taxe plastique envisagée dans le projet de loi de finances 2026.

Cette taxe, qui a été supprimée lors de l’examen du texte en première lecture, devait permettre de responsabiliser les industriels selon le gouvernement. En 2023, la France s’est acquittée d’une amende de 1,5 milliard d’euros pour ne pas avoir suffisamment recyclé ses déchets plastiques au regard des objectifs fixés par l’Union européenne.

Un appel à mettre en place la préférence européenne

Pierre-Jean Leduc appelle aussi à la mise en place d’une "véritable préférence européenne" pour offrir des débouchés à l’industrie française. Et ce dans un contexte où des "savoir-faire industriels uniques sont menacés". Le président de Polyvia cite l’exemple de la PME Billion implantée dans l’Ain (Auvergne-Rhône-Alpes). Le dernier fabricant de presses à injection français a en effet annoncé la suppression de plus de 60 emplois d’ici avril 2026.

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