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Droits de douane : pourquoi la plasturgie française ne souhaite pas que l’Europe sanctionne les États-Unis
France # Plasturgie # Politique économique

Droits de douane : pourquoi la plasturgie française ne souhaite pas que l’Europe sanctionne les États-Unis

Depuis les taxes des États-Unis sur les importations de matériaux et voitures fabriquées en Europe, l’Union européenne réfléchit à sa riposte, notamment sur le plastique. Des contre-mesures qui pourraient se retourner contre les entreprises européennes, préviennent les fédérations de la plasturgie.

L’UE prépare des contre-mesures envers les États-Unis qui pourraient concerner le plastique importé — Photo : Sascha Schuermann

Les taxes américaines sur l’import des voitures européennes sont entrées en vigueur ce mercredi 2 avril, et Donald Trump prévoit d’en instaurer de nouvelles. Face au président américain, l’Union européenne prépare sa riposte, qui pourrait consister en des taxes similaires notamment sur l’importation de plastique des États-Unis. Au risque de pénaliser les Européens, alertent plusieurs fédérations de la plasturgie.

Risques de hausse des prix en chaîne

Dans un communiqué conjoint Polyvia, l’Union des transformateurs de polymères, et EuPC, l’association européenne représentant la filière plasturgie, ont mis en garde l’Union européenne sur les risques de contre-mesures pour les Européens.

Les industriels redoutent d’abord une escalade dans la guerre commerciale : "Ces droits de douane risquent de déclencher une réaction en chaîne de hausses de prix, de réduction de la compétitivité et de pertes d’emplois dans toute l’UE", considère Paolo Bochicchio, directeur général de EuPC.

Des plasturgistes "pris en sandwich"

Les plasturgistes du Vieux continent redoutent aussi que les contre-mesures européennes pénalisent leur chaîne d’approvisionnement. Contacté par Le Journal des Entreprises, Xavier Chatel, directeur général de Polyvia, le principal syndicat professionnel de la filière plasturgie en France, juge ainsi qu’il faut "éviter que les plasturgistes se retrouvent pris en sandwich entre les exigences des donneurs d’ordres qui imposent des achats aux États-Unis, et l’augmentation des prix des matières premières de l’autre". "À date, le secteur du plastique n’est pas concerné par les mesures fiscales agressives des États-Unis, si ce n’est dans l’automobile", rappelle le dirigeant.

Le polyéthylène, principale matière importée des États-Unis

La plasturgie regroupe 50 000 entreprises en Europe, selon EuPC, et environ 1,6 million d’emplois. Les États-Unis représentent 3,6 % des importations de la plasturgie française, et 4,5 % de ses exportations, selon Polyvia.

"Le polyéthylène est la résine qui serait la plus touchée par des contre-taxes. Elle est vendue assez peu chère aux États-Unis, du fait de sa production au gaz de schiste. Des coûts de production plus économiques que dans les autres pays, qui utilisent d’autres sources d’énergie", souligne Xavier Chatel. Le polyéthylène est utilisé dans le secteur de l’emballage, du BTP - pour les canalisations -, les dispositifs médicaux, les pièces industrielles, l’automobile - pour les réservoirs, pièces sous le capot, et tuyauterie à l’intérieur du véhicule, ou encore l’aéronautique.

Les pièces qui nécessitent des certifications, plus fragilisées

Des fournisseurs alternatifs pourraient se trouver en Chine ou en Europe, avec des coûts de production et transport plus élevés cependant. Les pièces très spécialisées qui nécessitent des certifications longues et coûteuses, comme dans le domaine médical, seraient les plus fragilisées par des contre-mesures.

"Nous ne voulons pas nécessairement prendre des mesures de rétorsion, mais nous avons un plan solide pour le faire si nécessaire", a répété Ursula Von der Leyen, présidente de la Commission européenne le 1er avril. L’UE attend les annonces des États-Unis pour "calibrer" au mieux sa réponse.

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